Skip to main content

About Africa Realities Media

Le discours de haine en RDC : symptôme d'une agression, non sa cause

Le « discours de haine » en RDC : symptôme d'une agression, non sa cause

Auteurs :
Sam Nkumi, Chris Thomson & Gilberte Bienvenue
Improve Africa, London, UK

Introduction : inverser le diagnostic

Ce que certains acteurs internationaux qualifient aujourd'hui de « discours de haine » en République démocratique du Congo constitue avant tout la conséquence directe – et non la cause – d'une agression militaire, sécuritaire et économique du Rwanda qui perdure depuis près de trois décennies.

Exiger d'une population agressée qu'elle exprime sa colère, sa souffrance et son sentiment d'injustice dans un langage policé, alors que ses territoires sont occupés, ses civils massacrés, ses millions de déplacés abandonnés et ses ressources pillées dans une impunité quasi totale, relève d'une inversion des responsabilités qui mérite d'être dénoncée.

I. L'agression rwandaise : cause première de la crise

Une occupation militaire multiforme

L'Est de la RDC subit une agression permanente caractérisée par :

  • La présence directe des forces rwandaises (RDF)
  • La création, l'encadrement et le soutien de groupes armés
  • L'exploitation illégale et systématique des minerais congolais
  • La déstabilisation institutionnelle de l'État congolais

Une pathologisation de la victime

Réduire la colère populaire congolaise à un « discours de haine » revient à pathologiser la réaction de la victime au lieu de nommer l'agresseur. Cette approche déplace la faute et criminalise la souffrance plutôt que d'identifier sa source.

II. L'instrumentalisation de l'accusation de "discours de haine anti-Tutsi"

Une stratégie politique délibérée

Le régime rwandais utilise systématiquement l'accusation de "discours de haine envers les Tutsi" comme un instrument politique aux multiples fonctions :

  1. Justifier l'agression : présenter l'occupation militaire de l'Est de la RDC comme une mesure de "protection"
  2. Inverser les rôles : transformer l'agresseur en victime et la victime en agresseur potentiel
  3. Criminaliser toute critique : assimiler toute dénonciation de la politique de Kigali à de la haine ethnique
  4. Établir une hiérarchie ethnique : imposer la supériorité d'une ethnie sur les autres populations congolaises

Un mensonge stratégique aux conséquences dramatiques

Cette instrumentalisation constitue un mensonge politique qui vise à :

  • Masquer la réalité de l'agression : détourner l'attention des massacres, du pillage et de l'occupation
  • Protéger une ethnie privilégiée : justifier des privilèges et une impunité au détriment des autres communautés congolaises
  • Légitimer la violence : présenter les massacres d'autres ethnies comme des actes de "légitime défense préventive"
  • Imposer un silence : interdire toute critique de la politique rwandaise sous peine d'être accusé de génocidaire

La réalité : une critique politique, non une haine ethnique

Il est fondamental d'établir une distinction claire entre :

  • La haine ethnique organisée : une construction idéologique visant à déshumaniser un groupe sur base de son identité
  • La colère politique légitime : la dénonciation d'un régime agresseur, de ses forces armées et de sa stratégie de déstabilisation

Lorsque des Congolais dénoncent le Rwanda, les RDF, Paul Kagame ou leurs alliés, ils ne tiennent pas un discours de haine ethnique : ils décrivent une réalité politique et militaire vécue au quotidien. Ils critiquent :

  • Un régime et sa politique expansionniste
  • Une armée et ses crimes documentés
  • Des groupes armés et leur violence
  • Une stratégie d'occupation et de pillage

Cette critique politique ne peut être confondue avec une attaque ethnique.

L'égalité des ethnies congolaises : un principe non négociable

Toutes les ethnies de la RDC, y compris les Tutsi congolais, ont les mêmes droits et la même dignité. Aucune ethnie ne peut prétendre à une supériorité ou à des privilèges au détriment des autres.

La protection légitime d'une communauté ne peut justifier :

  • L'agression d'un pays souverain
  • Le massacre d'autres populations
  • L'occupation militaire de territoires
  • L'établissement d'une hiérarchie ethnique

La vraie question

La véritable interrogation n'est donc pas : « Comment lutter contre le discours de haine en RDC ? »

Elle devrait être : « Pourquoi la communauté internationale tolère-t-elle qu'un régime instrumentalise la protection ethnique pour justifier une agression qui massacre, déplace et appauvrit des millions de Congolais de toutes origines ? »

III. La solution conforme au droit international

Des exigences rationnelles et légitimes

La résolution de cette crise passe par des mesures claires, connues et conformes au droit international :

  1. Retrait des RDF : fin de toute présence militaire rwandaise, directe ou indirecte
  2. Démantèlement des groupes armés soutenus par Kigali
  3. Cessation du pillage des ressources naturelles congolaises
  4. Respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la RDC

Le jour où l'agression cessera, le terrain propice au « discours de haine » disparaîtra de lui-même, faute de combustible.

IV. L'inversion morale : moraliser les victimes, protéger l'agresseur

Une double injustice

Exiger des Congolais qu'ils modèrent leur langage sans contraindre le Rwanda à mettre fin à son agression constitue une double injustice :

  • Elle déplace la responsabilité sur la victime
  • Elle criminalise l'expression de la souffrance
  • Elle protège le plus fort au détriment du plus faible

Aucune société agressée durablement ne peut demeurer neutre émotionnellement. L'histoire mondiale le démontre sans exception.

Le blocage de l'aide humanitaire par Paul Kagame : une violence supplémentaire

Le refus de Paul Kagame d'autoriser l'ouverture de l'aéroport de Goma à l'aide humanitaire ne constitue pas un détail technique mais un acte politique délibéré aux conséquences dramatiques :

  • Prolongement de la famine
  • Aggravation des épidémies
  • Condamnation des populations déplacées
  • Transformation de la souffrance en arme de guerre

Cette obstruction de l'accès humanitaire par le président rwandais ne relève pas de considérations sécuritaires, mais de la punition collective d'une population civile. Elle illustre parfaitement comment l'agression rwandaise se manifeste également par le contrôle des corridors vitaux et l'instrumentalisation de la souffrance humaine.

V. Quand la souffrance devient « discours de haine »

Un peuple privé de tout

Des millions de Congolais ont perdu :

  • Leurs proches dans des massacres
  • Leurs villages détruits
  • Leurs perspectives d'avenir
  • Leur dignité fondamentale

Pourtant, on leur demande le silence, on requalifie leur douleur en « discours de haine », on criminalise le fait de nommer les responsables.

Une colère de survie, non une idéologie

Les Congolais ne réclament pas la glorification de la violence. Ils exigent :

  • La sécurité pour leurs familles
  • La reconnaissance de la vérité
  • La fin de l'impunité
  • Le droit élémentaire de vivre sur leur terre
  • Le droit de pleurer leurs morts sans criminalisation

Lorsqu'un peuple est agressé depuis trois décennies et que ses enfants meurent pendant que la communauté internationale débat de sémantique, la colère n'est pas une haine : c'est un cri de survie.

VI. L'inacceptable : applaudir l'agresseur, censurer les victimes

Un double standard indéfendable

La communauté internationale exige des Congolais qu'ils applaudissent ceux qui :

  • Occupent leurs territoires
  • Pillent leurs ressources
  • Déstabilisent leurs institutions
  • Provoquent indirectement des famines

Tout en leur expliquant que leurs mots constituent le véritable problème.

Aucune société au monde n'aurait accepté pareille injonction : ni l'Europe sous occupation, ni l'Ukraine aujourd'hui, ni aucun autre peuple confronté à une agression prolongée.

Nommer la réalité n'est pas de la haine

Affirmer que le régime de Paul Kagame porte une responsabilité majeure dans la tragédie de l'Est de la RDC ne relève pas du discours de haine ethnique. Il s'agit d'un constat politique documenté, vécu et expérimenté par des millions de civils.

Dénoncer Paul Kagame, les RDF et leur stratégie, ce n'est pas attaquer les Tutsi. C'est critiquer :

  • Un chef d'État et ses décisions politiques
  • Une armée et ses opérations militaires
  • Une stratégie expansionniste et prédatrice
  • Un système d'impunité qui protège les criminels

L'instrumentalisation de la "protection des Tutsi" pour justifier des massacres de Hutu, de Hunde, de Nande, de Nyanga et d'autres populations congolaises constitue la véritable perversion.

La haine véritable consiste à :

  • Laisser mourir des populations et leur reprocher de crier
  • Bloquer l'aide humanitaire et exiger la gratitude
  • Faire taire la victime pour protéger l'agresseur
  • Établir une hiérarchie ethnique qui déshumanise les "autres"
  • Massacrer au nom de la "protection préventive"

Conclusion : la dignité avant la diplomatie

Un choix pour la communauté internationale

La communauté internationale doit choisir entre deux positions irréconciliables :

  • Soit elle défend réellement les droits humains et la justice internationale
  • Soit elle continue à protéger un récit qui humilie et criminalise les victimes

Elle ne peut exiger le silence d'un peuple affamé, déplacé et endeuillé tout en demandant de la gratitude envers ceux qui contribuent à sa souffrance.

Le chemin vers la paix véritable

La paix ne commence pas par la censure de la douleur. Elle commence par :

  1. La fin effective de l'agression
  2. L'ouverture des corridors humanitaires
  3. La reddition de comptes et la justice
  4. La restitution de la dignité aux populations

Tant que ces conditions ne seront pas réunies, accuser les Congolais de « discours de haine » demeurera non seulement un diagnostic erroné, mais une position moralement indéfendable.

Synthèse

Le « discours de haine » en RDC n'est pas une pathologie culturelle ou ethnique. C'est le symptôme politique d'une agression non résolue.

L'accusation de "discours de haine anti-Tutsi" brandie par le régime rwandais est un mensonge stratégique qui vise à :

  • Justifier une agression militaire
  • Criminaliser toute critique politique légitime
  • Établir une hiérarchie ethnique inacceptable en RDC
  • Protéger l'impunité des véritables auteurs de violences de masse

Traiter le symptôme sans éliminer la cause est voué à l'échec.

RDF hors de la RDC : la paix du langage suivra la paix des armes.

C'est aussi simple – et aussi exigeant – que cela.

Comments

Support Our Work Now !

Africa Realities Media is independent. Your support helps us expose injustice, challenge silence and produce evidence-based analysis on Africa and the Great Lakes Region.
Africa Realities Media offre un espace aux écrivains, chercheurs, experts, activistes, voix communautaires, militants, analystes et personnes ayant une expérience vécue qui souhaitent contribuer à des contenus réfléchis, responsables et courageux sur les changements nécessaires dans la région des Grands Lacs, ainsi que sur les réalités politiques, économiques, culturelles et sociales africaines souvent ignorées, minimisées ou mal représentées. Nos articles et vidéos visent à ouvrir le débat, renforcer la sensibilisation, encourager la pensée critique et favoriser une réflexion plus profonde sur les réalités vécues par les populations africaines. Nous voulons aider les peuples de la région des Grands Lacs à mieux comprendre leurs droits, notamment leurs droits humains, leur droit au développement, leur droit à la dignité, à la sécurité, au bien-être et à une vie meilleure. À travers nos contenus, nous cherchons également à rappeler aux décideurs, aux institutions publiques, aux acteurs régionaux et internationaux, ainsi qu’aux responsables politiques, leur devoir de transparence, de responsabilité et de redevabilité envers les populations qu’ils prétendent servir. Notre objectif est de contribuer à une culture de vérité, de justice, de participation citoyenne et de protection égale pour tous les peuples africains.

Why We Exist

Many abuses facing African people are committed by African states, ruling elites, armed groups, military forces and security services. But these abuses are often sustained by international silence, Western lobbying, trade interests, migration deals, mineral access, diplomatic partnerships and unequal global accountability. Africa Realities Media exposes that system.

Lived Experience Matters

Survivors, displaced communities, refugees, families affected by repression, journalists, activists, women, young people and diaspora voices are not passive subjects. They are knowledge holders. Their experiences must shape policy, advocacy, journalism and public debate. The people closest to injustice are often closest to the solutions.

Our Principle

Africa Realities Media is rooted in one principle: African lives deserve equal truth, equal justice and equal protection.

Popular Posts

Rwanda: The arrival of Alfred Gisa causes more conflict between the first families.

http://www.inyenyerinews.org/amakuru-2/behind-the-presidential-curtains-the-arrival-of-alfred-gisa-causes-more-conflict-between-the-first-families/ The arrival of Alfred Gisa causes more conflict between the first families. September 13, 2013  by  Mugisha Alex with Rwema Francis   Leave a Comment Letter to my Dear Afande Rwigema, As we approach another 1 st  of October in which many of us remembers you Afande, I have a special message for you. Sadly, the message I bring is not all good news. First of all we miss you on a daily basis, especially whenever we revisit some of the videos which were taken prior to the 1990 attack to the land you had promised my elder brothers. Afande, the special message is that last week I was able to find out that you had blessed us with a son, Alfred, who was also nicknamed Bada; apparently he stated that he was nicknamed Bada due to being insecure of being killed by your wife Janet Rwigema. I am sorry for bringing this up Afande, becau...

French State-Sponsored Racism Without Limits Against the Hutu in France.

French State-Sponsored Racism Without Limits Against the Hutu in France France does not simply remember the Rwanda genocide. It owns it. For three decades, the French state has sponsored and enforced a racist political order — criminalising Hutu identity, silencing African expertise, enforcing a one-sided judicial record and reproducing the same ethnic hierarchy Belgium imposed on Rwanda under colonialism. This is not a failure of memory. It is state-sponsored racism without limits, dressed in the language of historical accountability. African lives are not worth less. African deaths are not normal. Western interests must never become a licence to kill African people. Introduction: Racism as Policy The genocide against the Tutsi in Rwanda was real. Between April and July 1994, following an invasion of Rwanda launched by the RPF from Uganda on 1 October 1990, initially under the command of Major-General Fred Rwigyema and subsequently led by Paul Kagame after Rwigyema was killed ...

THE BATTLE OF RUBAYA: Rwanda's War for Minerals Exposed

T he FDLR Pretext Collapses Under the Weight of Documented Plunder   Introduction: A Battle That Tells the Truth When Rwandan-backed RDF/M23 forces fought with extraordinary ferocity to seize and hold Rubaya — a remote mining town in North Kivu, eastern Democratic Republic of Congo — the stated justification was security. Kigali's consistent public line has been that its military presence in the DRC is a response to the threat posed by the Forces Democratiques de Liberation du Rwanda (FDLR), an armed group whose leaders include individuals linked to the 1994 genocide against the Tutsi. This narrative has been accepted, qualified, or left insufficiently challenged by Western governments and multilateral institutions for over a decade. The Battle of Rubaya strips that narrative bare. What unfolded in Rubaya was not a counter-insurgency operation against genocidal remnants. It was a sustained military campaign — reinforced by the Rwanda Defence Forces (RDF), prosecuted at sign...

Dafroza Gauthier et le CPCR : accusateur, enquêteur, témoin et procureur de fait dans les procès du génocide rwandais en France

Oct 4, 2026 Cet article examine si le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), cofondé par Dafroza Gauthier, a agi comme un procureur de fait dans les procès français liés au génocide rwandais. Sa réponse : des droits procéduraux généraux, ouverts à toute partie civile remplissant les conditions, ont permis à une organisation privée, étroitement alignée sur l’État rwandais, de déclencher des affaires, de trouver des témoins et d’orienter la preuve à une échelle inhabituelle, et cela mérite un examen attentif, quel que soit le regard porté sur les condamnations. Dafroza Gauthier est décédée à Reims le samedi 3 octobre 2026, à l’âge de 72 ans, comme l’a annoncé son mari Alain à l’AFP (France 24, 2026). Les hommages du gouvernement rwandais, des associations de rescapés et de la presse française la présentent comme une militante de la justice et de la mémoire. Sa disparition est aussi le moment de poser une question plus difficile sur le système qu’elle a cont...

Le Racisme d’État Français Sans Limites Contre les Hutus en France

Le Racisme d’État Français Sans Limites Contre les Hutus en France La France ne se contente pas de commémorer le génocide rwandais ; elle se l'est approprié. Depuis trois décennies, l'État français parraine et impose un ordre politique raciste : il criminalise l'identité hutu, réduit au silence l'expertise africaine, impose une version partiale de la réalité judiciaire et reproduit la hiérarchie ethnique que la Belgique avait instaurée au Rwanda durant la période coloniale. Il ne s'agit pas d'un défaut de mémoire, mais d'un racisme d'État sans limites, dissimulé sous le discours de la responsabilité historique. La vie des Africains n'a pas moins de valeur. La mort d'Africains n'est pas une banalité. Les intérêts occidentaux ne doivent jamais constituer un permis de tuer des Africains. Introduction : Le racisme comme politique Le génocide des Tutsis au Rwanda a bien eu lieu. Entre avril et juillet 1994 — à la suite de l'invasion du ...

The Aggressor’s Complaint: Why Rwanda’s “Biased” US Sanctions Argument Echoes Russia

Kigali wants Washington to punish Congo too. But a ceasefire that leaves the occupier in place is not peace; it is occupation without noise. African lives are not worth less. African deaths are not normal. Western interests must never become a licence to kill African people. Introduction: A Familiar Complaint On 29 June 2026, Rwanda’s Minister of Foreign Affairs, Olivier Nduhungirehe, sat before the cameras of France 24 and declared that his country was “disappointed by the increasingly biased US mediation” in the conflict with the Democratic Republic of Congo. He asked why sanctions had targeted only Rwanda. He called the measures unfair, one-sided and counterproductive. Weeks earlier, President Paul Kagame had told Jeune Afrique that sanctions and threats were insults thrown at Rwanda, and accused Washington of exerting heavy pressure on Rwanda while treating the DRC more delicately. The grievance sounds reasonable until you remember where you have heard it before. Since 2022, the Kr...

La crise de légitimité de la Francophonie : Louise Mushikiwabo peut-elle reconquérir le mandat qu'on ne lui a jamais confié ?

Huit ans après que Paris et Kigali lui ont remis les clés de la Francophonie, Louise Mushikiwabo demande aux États membres la seule chose que l'accord de 2018 ne lui a jamais donnée : une désignation mettant plusieurs candidats en concurrence. Les vies africaines ne valent pas moins. Les morts africaines ne sont pas normales. Les intérêts occidentaux ne doivent jamais devenir un permis de tuer des Africains. Introduction : une dirigeante en quête de mandat Le 16 novembre 2026, les chefs d'État et de gouvernement de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) se réuniront à huis clos à Phnom Penh pour désigner le secrétaire général pour la période 2027-2030. Pour la première fois, plusieurs candidats ont participé à la procédure d'audition nouvellement formalisée par l'OIF en amont de la désignation, en présentant leur programme aux ministres des Affaires étrangères lors d'une séance diffusée en ligne par l'organisation....

Dafroza Gauthier and the CPCR: Accuser, Investigator, Witness and De Facto Prosecutor in France's Rwanda Genocide Trials

Oct 4, 2026 This article examines whether the Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda (CPCR), co-founded by Dafroza Gauthier, acted as a de facto prosecutor in France's Rwandan genocide trials. Its answer is that general procedural rights open to any qualifying civil party allowed one private organisation, closely aligned with the Rwandan state, to start cases, find witnesses and shape the evidence on an unusual scale, and that this deserves scrutiny regardless of how one views the convictions. Dafroza Gauthier died in Reims on Saturday 3 October 2026, aged 72, as her husband Alain announced to AFP (France 24, 2026). Tributes from the Rwandan government, survivors' groups and the French press present her as a campaigner for justice and memory. Her death is also the right moment to ask a harder question about the system she helped build. The article covers who the Gauthiers were, how French criminal procedure empowers civil parties, the evidence that th...

La Francophonie's Legitimacy Crisis: Can Louise Mushikiwabo Win the Mandate She Was Never Given?

Eight years after Paris and Kigali handed her the keys to La Francophonie, Louise Mushikiwabo is asking member states for the one thing the 2018 deal never gave her: a competitive selection. African lives are not worth less. African deaths are not normal. Western interests must never become a licence to kill African people. Introduction: A Leader in Search of a Mandate On 16 November 2026, the heads of state and government of the Organisation internationale de la Francophonie (OIF) will gather behind closed doors in Phnom Penh to choose a Secretary General for 2027 to 2030. For the first time, multiple candidates have taken part in the OIF's newly formalised hearing process ahead of the selection, presenting their programmes to foreign ministers in a session the organisation broadcast online. One of those candidates is the incumbent. Louise Mushikiwabo, Rwanda's former foreign minister, came to office in 2018 through a process driven by Emmanuel Macron ...

Desperate Kagame: Where Does He Go From Here—and What Comes Next?

  How Paul Kagame Uses Diplomats' "Bury Your Head in the Sand" Strategy as a Green Light to Continue Rwanda's War in the DRC Africa Realities Media   |   17 July 2026 The purpose of this article is to expose a deliberate and systematic strategy: Paul Kagame's years-long practice of creating events — diplomatic dinners, RPF party meetings, genocide commemorations, international business forums and RPF Bureau Politique addresses — to which he invites foreign ambassadors and the world's business and political elite for one purpose: to explain, justify, and defend Rwanda's military invasion of the Democratic Republic of Congo. Everybody who follows this region knows the strategy now. The same narrative. The same arguments. The same defiance. At one event he tells the Trump Administration to go to hell. At the next he says those sanctioning him will leave power and he will remain. At the RPF Bureau Politique of 17 July 2026, he tells ambassadors that the on...

Why Africa Realities Media Is Different

Africa Realities Media speaks to Africa and to the developed world. Many abuses facing African people are committed by African states and ruling elites, but they are often protected by international silence, lobbying, public relations, trade interests, migration deals and unequal global accountability. While governments pay lobbyists to present a good image abroad, ordinary African people continue to face violence, hunger, disease, poverty, repression and exclusion. We challenge the normalisation of African suffering and demand equal truth, equal justice and equal protection.

Pourquoi Africa Realities Media est différent?

Africa Realities Media s’adresse à l’Afrique et au monde développé. De nombreux abus subis par les peuples africains sont commis par des États africains et des élites dirigeantes, mais ils sont souvent protégés par le silence international, le lobbying, les relations publiques, les intérêts commerciaux, les accords migratoires et une responsabilité mondiale inégale. Tandis que des gouvernements paient des lobbyistes pour présenter une bonne image à l’étranger, des Africains ordinaires continuent de faire face à la violence, à la faim, aux maladies, à la pauvreté, à la répression et à l’exclusion. Nous contestons la normalisation de la souffrance africaine et exigeons une vérité égale, une justice égale et une protection égale.

BBC News

Policy and Systems Change

Our work is designed to trigger debate, discomfort and action. We do not only expose injustice; we work for policy and systems change. We want governments and institutions to address the root causes of inequality, disadvantage, discrimination, exclusion and barriers affecting African people. We believe lasting change must be shaped by people with lived experience.

Exposing Injustice in Africa

Africa Realities Media is an independent African accountability platform based in London. We report, analyse and challenge the systems that shape African suffering, silence African victims and protect abusive power. We are not here to repeat diplomatic language. We are here to ask the questions that are often avoided: why are African deaths treated as normal? Why are African victims given less urgency? Why are governments that imprison, exclude, displace or kill their own people protected when they serve powerful international interests?

Africanews

Africa Realities Media gives space to writers, researchers, experts, activists, community voices, campaigners, analysts and people with lived experience who want to contribute thoughtful, responsible and courageous content about the changes needed in the region, as well as the political, economic, cultural and social African realities that are often ignored, minimised or misrepresented. Our articles and videos aim to encourage debate, raise awareness, stimulate critical thinking and support reflection. We seek to help people in the Great Lakes Region understand their rights to human rights, development and wellbeing, while also encouraging decision-makers to be more transparent, responsive and accountable.

Recent Posts

Appel à contributions

Sensibilisez le public aux causes qui vous tiennent à cœur. Prenez part au changement que vous souhaitez voir émerger. Aidez à combattre l'injustice partout où elle se manifeste.

Africa Realities Media accueille des articles originaux, analyses, tribunes, réflexions communautaires et commentaires fondés sur des faits concernant la région des Grands Lacs africains, ainsi que les questions liées à la justice, aux droits humains, à la gouvernance, aux conflits, à la paix, aux réfugiés, aux ressources naturelles et à la responsabilité publique en Afrique.

Nous accueillons également les annonces concernant de nouvelles ou d'anciennes publications liées à nos domaines d'intérêt. Vous pouvez annoncer gratuitement votre publication, notamment un livre, un rapport, une étude, un article académique ou tout autre travail pertinent.

Les articles doivent être rédigés en anglais ou en français et ne doivent pas dépasser 1 500 mots.

Veuillez inclure le nom complet de l'auteur, qui sera publié avec l'article s'il est accepté.

Avant de soumettre votre article, veuillez d'abord lire nos pages du site web afin de vérifier si votre article correspond à nos priorités éditoriales, à nos thèmes et à nos domaines d'intérêt.

Si vous avez un article, un commentaire ou une annonce de publication à partager avec un public plus large, veuillez l'envoyer par email à :

africarealitiesmedia@gmail.com

Nous étudierons la possibilité de publier gratuitement les articles et annonces de publications appropriés s'ils répondent à nos critères éditoriaux, notamment la pertinence, la clarté, l'originalité, l'intérêt public, le respect des communautés concernées et l'utilisation responsable des informations et des preuves.

Les articles sont publiés tels qu'ils sont soumis s'ils répondent à nos critères et à notre politique éditoriale. Nous ne procédons pas à une modification supplémentaire de votre article avant sa publication.