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[RwandaLibre] Re: [RealitesAfricaines] Fw: *DHR* LES RWANDAIS ET LEURS ORIGINES ETHNISÉES

 

En voilà un qui a pigé!



Le 11 août 2014 05:34, MastakiBayange buinja@yahoo.com [RealitesAfricaines] <RealitesAfricaines@yahoogroupes.fr> a écrit :
 

Une histoire de complexé, entièrement fausse, bien qu'il n'y ait pas d'histoire parfaite!

Je suis un Havu de l'île d'Idjwi... Je n'ai pas honte de reconnaître le bien-fondé de la thèse de l'historien burundais Tutsi, Émile Mworoha, qui parle des groupes Bantu, Éthiopides et Pygmoïde dans la région des grands lacs...

Que des blancs -- aventuriers,  missionnaires, "anthropologues", historiens, administrateurs publics... -- se soient trompés sur nous, habitants de la région, c'est très bien normal; peu importe leurs méthodologies. Beaucoup ont écrit sur nous avant de connaître nos langues et cultures. Ils viennent d'une civilisation de l'écrit: ils écrivent. À leur place, nous nous aurions palabré infiniment... Que nous, nous métions à nous tromper sur nous mêmes, cela devient inacceptable et porteur de "germes génocideurs" (pas génocidaires, je sais).

Voulez-vous être franc avec moi??? Voudriez-vous qu'on s'expose devant ce public qui nous suit, vous et moi??? D'accord, vous dites, je crois!

Eh bien, vous dites vrai: la colonisation n'a duré qu'entre 40 et 60 ans pour la région spécifique des grands lacs, la dernière colonisée en Afrique noire. À cause de la première guerre mondiale, bien que l'exploration allemande au Rwanda et à Idjwi, par exemple, ne soit datée que de 1894, la première concession coloniale est des années 1921. Si coloniser comprend bien l'installation du colon et l'administration, la meilleure date de référence serait donc la fin de la Première guerre. Si on ajoute les hésitations autour de la Seconde, disons que la colonisation formelle n'a pas fait plus de 40 ans. En seulement quatre décennies, il n'y a pas un peuple qui peut transformer un autre de fond en comble jusqu'à opposer des frères et soeurs en catégories sociales différentes. Et loin de moins l'idée de rejeter l'adage "diviser pour régner!", laquelle se réalise au fil des ans.

Dans ma famille à Idjwi (Kivu-RDCongo), mon père était un chef de quelques localités au début de la colonisation dans la région. Il est mort en 1979, à près de 93 ans. Il a donc vu le le missionnaire et le colon venir... et il les a vu partir. Il était non lettré au début, tout comme tous les chefs et sous-chefs dans la région, et à la fin. Pourquoi je précise ce fait? C'est pour dire qu'il n'a jamais compris, tout comme ses congénères à l'époque, les écrits d'aventuriers, les prédications des missionnaires ni, surtout, les études plus sophistiquées des anthropologues comme Hiérnaux, par exemple. C'est dire que les gens qui soulèvent ces "études blanches" sur des noirs analphabètes comme sources de divisions parmi les population sont des agents de la désinformation; des propagandistes conscients ou inconscients. Ce sont des idéologues qui veulent cacher quelque chose. Les études de ces européens, bien qu'elles aient examiné certains aspects physiques des gens, n'ont jamais quitté leur carcan "scientifique" pour être à la portée de tout le monde analphabète de l'époque au point de créer des problèmes sociaux. Moi qui vous répond, monsieur, c'est seulement à l'ISP-Bukavu, en étude de l'enseignement de l'histoire, que j'ai eu bruit (vraiment bruit) de ces genres d'études. Ceci en 1980. Comment, vos parents analphabètes du Rwanda en ont-ils eu ouï-dire, les intégrer au point de créer des problèmes sociaux qui, sans ces études, n'auraient jamais existé?!

Juste un autre élément: l'administration indirecte ou "Indirect Rule" appliquée au Rwanda et au Burundi, contrairement aux royaumes équivalents et concurent dans l'Est de la RDCongo.
En quoi consiste l'Indirect Rule? Le Mwami (roi) du pays -- Burundi ou Rwanda -- continue de gouverner ses sujets comme si de rien n'était, sauf quand il s'agit des tâches coloniales dont les ordres lui viennent des l'autorité allemande ou belge en place. C'est encore le mwami qui exécute ces ordres coloniaux à ses sujets. Les Allemands ont pratiqué l'Indirect Rule; les Belges l'ont poursuivi jusqu'en 1951 (?) quand ils ont déstitué le mwami Musinga et l'envoyé à Kamembe en "rélégation interne". Même après l'incident Musinga, l'Indirect Rule a continué jusqu'à la "Révolution culturelle". Si je me réfère à l'étude sur le Kinyaga (région rwandaise à côté de Bukavu,) de Catharine Newbury, c'est vers ces mêmes années que la colonisation belge est intervenue pour la première fois contre les abus et l'arbitraire du mwami et de  ses chefs et sous-chefs. Or le mwami du Rwanda, grâce à sa collaboration avec la colonisation, n'a fait que recevoir d'autres territoires nouvellements conquis par les colonisateurs. Comme veut l'adage "Qui trop embrasse, mal étreint", la "révolution culturelle" de 1959 ne serait qu'une conséquence prévisible de ce royaume qui s'élargissait sans nouveaux ajustements pour accomoder les nouvelles populations qui entraient, selon Catharine Newbury.

Enfin, dire que le Rwanda doit, plutôt que de fuir son histoire multidimensionnelle, faire face à la musique. Le Rwanda doit reconnaître sa réalité: une société multiculturelle composée de Hutu, Tutsi, Twa et Havu (Nkombo, Gihaya, Ihyo et Wawe?). Je crois personnellement que Wawe est une partie intégrale de l'île d'Idjwi, tout autant que Kitsanga qui la précède). Le Rwanda ressemble fort au Burundi. Personne ne pourra comprendre comment le Burundi y va avec une constitution qui reconnaît le multiculturalisme au moment où le Rwanda s'enferme dans la culture du mensonge et de la dissimulation sur le monolytisme politico-culturel rwandais...

À suivre!


Mastaki



On Sunday, August 10, 2014 8:41:59 AM, "Samuel Desire sam4des@yahoo.com [RealitesAfricaines]" <RealitesAfricaines@yahoogroupes.fr> wrote:






----- Forwarded Message -----
From: "Maître TWAGIRAMUNGU Innocent Innocent_twagiramungu@yahoo.fr [Democracy_Human_Rights]" <Democracy_Human_Rights@yahoogroupes.fr>
To: - A <democracy_human_rights@yahoogroupes.fr>; - RWANDA-L <rwanda-l@yahoogroups.com>
Sent: Sunday, 10 August 2014, 13:13
Subject: *DHR* LES RWANDAIS ET LEURS ORIGINES ETHNISÉES

 
 
LES RWANDAIS ET LEURS ORIGINES ETHNISÉES
Par Faustin Kabanza
Si la communauté internationale ne cesse de s'interroger sur l'histoire (ancienne
et récente) du Rwanda, il n'en demeure pas moins que les Rwandais eux-mêmes se questionnent sur leur propre histoire, sur leur propre identité.
Peu d'écrits ont traité la question identitaire des Rwandais qui est pourtant une des causes de conflits récurrents de ce pays. S'appuyant sur des éléments précis, cet article apporte des pistes de réflexions sur les origines des Rwandais (hutu-tutsi-twa), sujets soumis à polémiques et dont on sait à quel niveau il alimente les crises rwando-rwandaises et même régionales…
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Introduction

Le XXe siècle a été certainement le pire des siècles qu'a connus le Rwanda depuis son existence. On a vu une haine sans nom opposer deux camps nommés "ethnies" jusqu'à aboutir aux tragédies les plus sanglantes de l'histoire.

Le XXe siècle correspond, en effet, à la colonisation des pays africains par les Occidentaux. Rappelons pour le cas du Rwanda que celui-ci a été occupé d'abord par les Allemands (du début du XXe siècle à la première guerre mondiale) puis par les Belges jusqu'en 1962. Cette période d'une soixantaine d'années a beaucoup transformé le pays, par rapport aux modes de vie des Rwandais, aux mœurs et à la culture en général.

Si, au cours de cette période, le Rwanda a vu naître l'école, les hôpitaux, les routes, l'habillement moderne, la voiture, etc., il a aussi vu mourir sa religion traditionnelle, son organisation politique et sociétale, ses références symboliques, etc. Mon objectif n'est pas bien entendu, de comparer les pertes par rapport aux gains acquis grâce à la présence occidentale, mais de souligner la dégradation outrancière des relations qui existaient entre les Hutus et les Tutsis.

Personne ne peut oser dire que ces deux groupes sociaux n'existaient pas avant l'arrivée des Occidentaux et que les relations entre eux n'étaient pas déjà tendues. Néanmoins, tous les témoignages concordent en affirmant le rôle des colonisateurs dans l'attribution de critères naturels pour identifier ces deux groupes. En formalisant les différences naturelles, entre les Hutus et les Tutsis (et les Twas par ailleurs), les autorités coloniales appuyées par quelques anthropologues ont donc irréversiblement tranché. Les politiques coloniales et postcoloniales toutes confondues, en ont largement profité pour légitimer et consolider leur pouvoir, parfois au prix du sang du peuple rwandais.

Je voudrais revenir sur les erreurs qui ont été commises au début du XXe siècle, et sur l'une d'elles en particulier. En attribuant arbitrairement des origines géographiques différentes à ces deux groupes sociaux : hutu et tutsi, les classificateurs de l'époque, venaient confirmer fatalement les différences et creuser le fossé au sein du peuple rwandais.

A l'heure actuelle, l'ethnisation des consciences ainsi que les événements vécus par les uns et les autres ont fini par catégoriser tout le monde, sans scrupule, fermant ainsi la parenthèse sur le vrai débat concernant nos questions identitaires, sources des tragédies cycliques qui ne cessent d'endeuiller le Rwanda.

Linguiste de formation, je voudrais, en m'appuyant sur les données linguistiques et sociolinguistiques fustiger l'idée aberrante selon laquelle les Hutus seraient seuls d'origine bantoue tandis que les Tutsis seraient d'origine chamito-nilotique.

Le but n'est pas, comprenez-moi bien, d'emprunter le sens inverse en établissant des liens fictifs entre les deux groupes ou plus encore de justifier les comportements actuels ou passés des uns vis-à-vis des autres. Tout simplement, je voudrais qu'on ne continue pas à être prisonniers des erreurs du passé, et que l'on cherche à comprendre l'histoire des Rwandais sans poser de critères discriminatoires au préalable.

Que lit-on sur le peuplement du Rwanda ?

Les premiers Occidentaux arrivés aux Rwanda se sont empressés d'écrire sur les origines des Rwandais. Plusieurs raisons justifient cet empressement :

- Les premiers Européens sont des explorateurs (Oscar Baumann notamment) qui cherchent à expliquer, avec des sources et des moyens bien entendu très limités, ce qu'ils ont découvert ponctuellement.

- D'autres sont des colonisateurs dont la politique "divide et impera : diviser pour régner" est la devise (les colonisateurs devaient à tout prix trouver un point de chute pour installer l'autorité coloniale). Dans cette catégorie, ont peut aussi inclure les missionnaires qui adoptent la même politique pour asseoir et consolider l'Eglise.

- Une autre catégorie est constituée d'anthropologues européens de la fin du XIXème siècle et début du XXe siècle. On sait bien que les anthropologues européens étaient préoccupés par les classifications des peuples, notamment dans un rapport de domination "Blancs-Noirs".

Sur le continent africain, les vieilles idéologies manichéennes veulent expliquer que les civilisations noires seraient l'œuvre des Hamites, peuples de race blanche qui seraient venus de la région caucasienne. Ces hypothèses dépourvues de tout fondement ont largement influencé les premiers européens qui ont travaillé sur les origines des Rwandais. S'appuyant surtout sur des aspects morphologiques de la famille dirigeante, ils ont tiré des conclusions généralisantes, comme on peut le lire dans différents écrits :

Le Père Pagès écrit :

"La communauté d'origine des Hamites avec les Sémites (Egyptiens ou Abyssins) semble hors de conteste. Leurs ressemblances physiques, leurs affinités des mœurs pastorales, l'identité de coutume, telles que la division en animaux purs et impurs (imiziro), la loi du lévirat, la mutilation d'un ennemi, leur organisation politique féodale), etc., sont autant de traits qui prouvent leur parenté avec cette race"

Le Chanoine De Lacger a écrit quant à lui :

"Les Tutsis ont le type caucasique et tiennent du Sémite de l'Asie antérieure… Avant d'être ainsi négricisés, ces hommes étaient bronzés."

Le Rapport sur l'administration belge du Rwanda-Urundi de 1925 décrit les Tutsis comme suit :

"Le Mututsi de bonne race n'a, à part la couleur, rien du nègre… Ses traits, dans la jeunesse, sont d'une grande pureté ; front droit, nez aquilin, lèvres fines."

De tels écrits bien simplistes, polémiques et parfois manichéens ont été pourtant pris à la lettre. Les premiers intellectuels rwandais se les sont appropriés et les ont reproduits dans leurs ouvrages en langue locale. Ce sont ces livres qui ont servi à tous les niveaux de l'enseignement rwandais.

Monseigneur Alexis Kagame, un des premiers élèves de l'école européenne (notamment élève des Pères De Decker et Van Overschelde), ne pouvait que reproduire les théories en vogue, d'autant plus que cela ne le desservait pas en tant que membre de la dynastie nyiginya, fonctionnaire de la cour.

Quelle que soit la reconnaissance qui lui est due en tant que pionnier des travaux historiographiques et transcripteur des littératures orales de cour, on ne peut que regretter que les erreurs partagées par les Européens aient été enseignées et transmises de génération en génération par le biais de l'école.

Mgr Alexis Kagame affirme sans vergogne dans notamment "Inganji Kalinga (Tambour Victorieux)" son adhésion aux théories européennes, en localisant les origines géographiques des Hutus et des Tutsis. Ces derniers, Hamites, seraient venus, dit-il, de la région de l'Abyssinie (en Ethiopie). Les Hutus, poursuit-il, seraient arrivés en Afrique centrale en provenance de l'Asie. Mgr Kagame croit et écrit sans hésiter que les Tutsis étaient de couleur blanche (voir Inganji Kalinga, p. 65, p.71) et qu'ils se sont négrifiés par la suite.

Mgr Kagame Alexis est tombé, par certains de ses écrits, dans l'erreur manichéenne, utilisant des exemples souvent contradictoires et partisans. Toutes les critiques actuelles lui reprochent, à juste titre, de ne pas avoir su prendre de distance entre son travail scientifique et ses sentiments personnels. Il se met dans la mêlée et prend position contre ceux qui ne sont pas de son camp.

Hutu-tutsi : dénominations postérieures aux clans

Beaucoup d'écrits concordent à affirmer la primauté des clans rwandais sur les groupes sociaux hutu-tutsi. Ces appartenances ont été certainement créées après les débuts de la formation du Rwanda, c'est-à-dire après que la dynastie nyiginya, située aux environs de Gasabo, eut commencé à conquérir d'autres royaumes voisins (vers les années 1400). Avant et après cette conquête progressive, les membres des clans se mariaient entre eux, qu'ils soient de royaumes voisins ou lointains. Entre les rois voisins, le mariage interclanique était courant. Les exemples sont nombreux et à titre d'exemple : le roi Mashira (1) a épousé Nyirantobwa, fille de Mibambwe I Mutabazi (2). Gahindiro, le fils de ce dernier (de la dynastie nyiginya) a peiné pour avoir Bwiza (la miss rwandaise de l'époque !!!), la fille de Mashira, roi de Nduga (du clan banda).

Du fait que les dénominations hutu-tutsi (et twa par ailleurs) n'existaient pas encore à cette époque du début de la formation du Rwanda, Mgr Alexis Kagame est bien confondu. Pour justifier la supériorité de la dynastie nyiginya et s'alignant ainsi sur l'idéologie européenne, il fait une hypothèse assez tendancieuse selon laquelle d'autres clans qui se mariaient avec les nyiginya étaient peut-être aussi des Tutsis. Voici ce qu'il écrit à la page 51 d' "Inganji kalinga" (Tambours victorieux) :

"(….) Qu'est-ce qui peut justifier que d'autres clans puissent se marier avec nos rois, si ce n'est que ces clans sont eux aussi des Tutsis ? S'ils ne sont pas des Tutsis, dis-moi comment un roi (Hinza) du Bushi ou de Buhunde peut-il oser demander une fille du roi du Rwanda et on la lui donne. Quel roi nyiginya peut-il s'acharner à aller demander une fille chez le roi hinza (si lui-même n'est pas de la même lignée) comme l'a fait Gahindiro de Mibambwe I ?" (3)

A cette époque les dénominations hutu-tutsi n'étaient pas créées et Mgr Kagame ne peut que formuler les hypothèses tendancieuses en attribuant ces appartenances aux clans, en fonction de ses propres tendances idéologiques.

On doit donc s'arrêter un instant et s'interroger sur cette présence de mêmes clans dans les trois groupes hutu-tutsi-twa lesquels sont des groupes sociaux et non des ethnies, dénominations postérieures à celles de clans. Sans parti pris, qu'est-ce qui empêcherait concrètement ces clans, partageant les mêmes ancêtres, d'être un même peuple (4) ayant les mêmes origines ?

Apports des éléments linguistiques

Toutes les sources orales dont nous disposons jusqu'à l'heure actuelle témoignent, depuis la nuit des temps, d'une même langue partagée par tous les clans rwandais et donc, par les trois groupes sociaux rwandais. Les éléments du code ésotérique dynastique tels qu'ils ont été intégralement transmis par les fonctionnaires spécialisés désignés de génération en génération par les rois successifs, et transcrits par Mgr Kagame, sont bel et bien en langue rwandaise (notamment le code dynastique "Ubwiru" ou la généalogie des rois nyiginya "Ubucurabwenge"). Or le rwandais (kinyarwanda) est une langue de la famille des langues bantoues, classée par les linguistes qui ont travaillé sur la classification des langues africaines. La dynastie nyiginya, de par l'usage du kinyarwanda et notamment dans son code ésotérique dynastique, est sans conteste de la famille des Bantous et non de celle des Hamites.

L'usage du kinyarwanda par tous les clans, avant même la naissance du Rwanda est un élément qui ne peut qu'affirmer l'hypothèse des mêmes origines. Les toponymes et les anthroponymes de tous les clans et leurs localisations géographiques tirent également leur source de la langue rwandaise, cela renforce davantage l'hypothèse d'une même communauté, ayant certainement les mêmes cultures.

Comment est-il possible qu'une dynastie d'origine abyssinienne n'ait pas laissé de traces de langues chamito-nilotiques dans son code ésotérique dynastique, qui l'auraient rendu plus ésotérique, plus protégé contre l'extérieur ? Certaines personnes prétendent que les nyiginya et d'autres clans (supposés tutsi) auraient abandonné leur langue pour adopter la langue des clans (supposés hutus et twas) qu'ils venaient de trouver sur place. Or, dès lors que les nyiginya étaient socialement, militairement, politiquement et économiquement plus puissants que d'autres clans, quelle raison auraient-ils eue d'abandonner la langue originelle ? C'est impensable. Supposons même qu'ils aient accepté de perdre leur langue, comment imaginer que ce soit au point de n'en garder aucune trace, ne fût-ce que pour le rituel ésotérique ?

Bref, la colonisation, l'exiguïté du territoire, la pauvreté dans un pays surpeuplé, sont autant de facteurs qui ont joué un rôle important dans la dissension des Rwandais. A chaque époque, le Rwanda a connu des divisions binaires qui consistent à désigner chaque fois les bons et les mauvais, ceux qui doivent être privilégiés ou pas (soi-disant par nature ou en raison de leur nombre minoritaire ou majoritaire). C'est incontestablement dans cette optique que les dénominations hutu-tutsi sont nées pour désigner les deux groupes sociaux à situations socio-économiques opposées.

Toujours dans ce mode de fonctionnement par exclusion, on a toujours assisté à des subdivisions binaires à l'intérieur même du système. Après l'indépendance jusqu'en 1994, on a connu une subdivision Kiga-Nduga avec des enjeux politiques et économiques conséquents. Pendant la période monarchique, on ne peut pas ignorer les querelles Nyiginya-Ega qui ont été la cause du coup d'Etat de Rucuncu.


Que faire des consciences qui ont intégré l'idée de groupes ethniques ?

La question fondamentale est bien celle-là. A l'heure actuelle et après ce que tous les Rwandais ont vécu, est-il nécessaire de leur dire qu'ils sont les descendants d'ancêtres communs et qu'ils sont plus proches les uns les autres qu'il ne le leur a été enseigné ? Certaines politiques ont essayé de tenir ce discours de l'unité originaire des Rwandais mais sans vouloir/pouvoir l'expliciter ni l'accompagner par des actes concrets.

A mon avis, il n'est jamais trop tard pour bien faire et les Rwandais peuvent toujours être accompagnés vers une vraie réconciliation pour le futur du Rwanda et de tous ses enfants, sans exclusion. Cela n'exclut pas en revanche le recours à la justice pour punir ou gracier tous ceux qui ont des comptes à rendre.

Cette réconciliation qui s'appuie sur l'unité originaire des Rwandais n'est peut-être pas la seule possibilité. Aujourd'hui, il y a des Rwandais qui prônent d'assumer leur hutuité ou leur tutséité, et de s'appuyer sur cette base pour se réconcilier et vivre en harmonie. Cela ne paraîtrait pas dérangeant, car de toute façon, les faits sont bien là : ces appartenances ont fini par s'imposer. Cependant, quelles que soient les pistes proposées pour arriver à la paix durable au Rwanda, il me semble judicieux de ne pas rester prisonniers des erreurs de jugement du passé car les éléments dont on dispose montrent plutôt que les Rwandais ne sont pas si différents les uns des autres !
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1. Supposé roi hutu du royaume de Nduga
2. Supposé roi tutsi de la dynastie nyiginya
3. Texte original en kinyarwanda: (…), ni iki cyatuma imiryango yabo ishyingirana n'abami bacu n'abo hakulya, atari uko n'abo bo hakurya atari abatutsi ? Niba kandi atari abatutsi, mbwira umuhinza wo mu Bushi no mu Buhunde waza gusaba umugeniku Mwami w'U Rwanda bakamumuha. Ni nde se wahihibikanywa no kujya gusaba umukobwa w'umuhinza utli imfura, nk'uko Gahindiro ka Mibambwe wa mbere yabigize ?
4. peuple, en tant communauté vivant sur un même territoire, unie par des caractéristiques communes notamment la culture, les moeurs, la langue.
Références :

Kagame, A. : Inganji Karinga, Kabgayi, 1959, (2e Ed.).
Kagame A. : Les organisations socio-familiales de l'ancien Rwanda, Gembloux, Ed. J. Duculot, 1954.
Pagès, A. : Un royaume hamite au centre de l'Afrique, Bruxelles, Marcel Hayez, 1933.
Vansina, J. : L'évolution du royaume rwanda des origines à 1900, Bruxelles, ARSOM, 1962.
Delmas, L. : Généalogie de la noblesse du Rwanda, Kabgayi, Vicariat Apostolique du Ruanda,1950

Sites internet :
http://audiovie.org/linguistique/langues-africaines.htm
http://www.universalis.fr/encyclopedie/nilotiques/1-origines-des-nilotiques/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ethnisme_au_Rwanda
 
Innocent TWAGIRAMUNGU
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  ----- Mail transféré ----- De : Mpania Jean <drjeanmpania@yahoo.fr> À : Hinterland <hinterland1@yahoogroupes.fr> Envoyé le : Mercredi 26 février 2014 17h13 Objet : [hinterland1] Tr : L'OCCUPATION RWANDAISE EN MARCHE   Le Mercredi 26 février 2014 9h56, congokdp <congokdp@gmail.com> a écrit : L'OCCUPATION RWANDAISE EN MARCHE :   Voici comment les institutions et tout le système de sécurité de la RDC sont sous contrôle du Rwanda et les officiels congolais infiltrés par des «hirondelles» rwandaises! L'OCCUPATION RWANDAISE EN MARCHE :  Voici comment les institutions et tout le système de sécurité de la RDC sont sous contrôle du Rwanda et les officiels congolais infiltrés par des «hirondelles» rwandaises! Le processus d'occupation de la RDC par le lobby tutsi rwandais passe par le...

The Kagame Myth: Western Power, Private Jets and Rwanda’s Controlled Reality

  ANALYSIS AND INVESTIGATION Introduction: The Myth and the Man Behind the Myth There is a version of Paul Kagame that exists in the conference halls of Davos, in the pages of Western magazines, in private hotel meetings in London, Paris and Washington, and on the sleeves of European football shirts. In this version, Kagame is a visionary. A builder. A disciplined African moderniser. A leader who pulled a broken country from the ashes of genocide and turned it into what admirers often call the “Singapore of Africa”. In this version, Rwanda is clean, efficient, safe, investment-friendly and orderly. Kagame is presented as the African leader the West wants to believe in: controlled, polished, pro-market, security-focused and comfortable in elite Western spaces. Then there is the Rwanda that many Rwandans, exiles, journalists, opposition figures and human rights organisations describe. In this Rwanda, YouTubers and online commentators are jailed for what they say. Critics die in custo...

Dr Phil Clark ( SOAS University of London): A biased lecturer and researcher about African issues.

Dr Phil Clark   was born in Sudan and   is currently   working at SOAS University of London. He is known to be   biased lecturer and researcher about African issues, particularly the Rwandan genocide.     With his poor judgement and analytical thinking, this man only talk about   the results   of events and forget the     root causes. He is a staunch supporter of the criminal, dictator and killer Paul Kagame , the President of   Rwanda. He is singing the song of the winner of the Rwandan  war. He is in the same boat with Linda Melvern, a biased British   freelancer who received a medal from the dictator Paul     Kagame. "> "> Dr.Phil Clark "> Linda Melvern I am asking Dr Phil Clark   one question:   Dear   Dr Phil Clark, What     was the   role of   Paul Kagame and RPF in the Rwandan  massacres and genocide in and outside Rwanda?   Based...

Le Président Macron contre les sanctions américaines imposées au Rwanda

Comment les intérêts français au Mozambique font obstacle à la paix en RDC Analyse critique de l'entretien d'Emmanuel Macron avec TV5 Monde, Africa Forward Summit, Nairobi, 12 mai 2026 Publié par The African Rights Campaign (ARC)   |   Londres, mai 2026     1. Introduction La présente analyse est fondée sur l'entretien accordé par le président français Emmanuel Macron à TV5 Monde, le 12 mai 2026, lors de l'Africa Forward Summit à Nairobi, au Kenya. Au cours de cet entretien, Macron s'est vu poser une question directe : étant donné que le soutien du Rwanda au groupe armé M23 est aujourd'hui documenté par les experts des Nations Unies, et étant donné que les États-Unis ont imposé des sanctions aux Forces de défense du Rwanda (FDR) ainsi qu'à plusieurs de leurs hauts responsables, pourquoi la France et l'Union européenne n'ont-elles pas fait de même ? La réponse de Macron s'est révélée peu convaincante, malhonnête et analytique...

Kagame’s Image Machine: Who Profits While Rwanda Stays Poor

I nvestigation:  Paying to Stay Poor: How Western PR Firms, Lobbyists, Sports Clubs and Media Outlets Profit from Rwanda’s Image Economy Introduction: An Ecosystem of Paid Influence Rwanda is often presented internationally as a model of discipline, security, investment promotion and post-genocide recovery. That image has been carefully built, repeatedly amplified and professionally protected. Behind it sits a costly international network of sports sponsorships, lobbying contracts, public relations firms, legal consultancy, political access, favourable media relationships and diplomatic narrative management. The moral problem is clear. Rwanda remains heavily dependent on foreign aid and external financing. According to World Bank-linked data, foreign aid received by Rwanda reached approximately 1.39 billion US dollars in 2023. UNDP’s 2025 Human Development Report gives Rwanda a Human Development Index value of 0.578 for 2023, placing it 159th out of 193 countries and territories. U...

Justice ou théâtre politique ? Les procès français du génocide rwandais et le travail inachevé de la réconciliation entre Rwandais

Introduction Depuis 2014, les tribunaux français ont poursuivi une série de ressortissants rwandais hutu pour leur rôle présumé dans le génocide de 1994 contre les Tutsi. Le premier procès, celui de l’ancien chef du renseignement Pascal Simbikangwa, a été suivi par les condamnations des anciens bourgmestres Octavien Ngenzi et Tito Barahira en 2016, puis par la condamnation, en 2023, de l’ancien officier de gendarmerie Philippe Hategekimana. Aucun accusé jugé en France, au titre de la compétence universelle, pour le génocide rwandais n’a été acquitté. D’autres poursuites devraient suivre. Ces procédures ont été largement saluées comme la preuve que la France affronte enfin son passé d’État ayant protégé des auteurs présumés du génocide sur son territoire. Des organisations internationales de défense des droits humains, des spécialistes du génocide et une partie de la société civile française les ont présentées comme une contribution tardive, mais bienvenue, à la lutte mondiale contre l’...

Why Africa Realities Media Is Different

Africa Realities Media speaks to Africa and to the developed world. Many abuses facing African people are committed by African states and ruling elites, but they are often protected by international silence, lobbying, public relations, trade interests, migration deals and unequal global accountability. While governments pay lobbyists to present a good image abroad, ordinary African people continue to face violence, hunger, disease, poverty, repression and exclusion. We challenge the normalisation of African suffering and demand equal truth, equal justice and equal protection.

Pourquoi Africa Realities Media est différent?

Africa Realities Media s’adresse à l’Afrique et au monde développé. De nombreux abus subis par les peuples africains sont commis par des États africains et des élites dirigeantes, mais ils sont souvent protégés par le silence international, le lobbying, les relations publiques, les intérêts commerciaux, les accords migratoires et une responsabilité mondiale inégale. Tandis que des gouvernements paient des lobbyistes pour présenter une bonne image à l’étranger, des Africains ordinaires continuent de faire face à la violence, à la faim, aux maladies, à la pauvreté, à la répression et à l’exclusion. Nous contestons la normalisation de la souffrance africaine et exigeons une vérité égale, une justice égale et une protection égale.

BBC News

Policy and Systems Change

Our work is designed to trigger debate, discomfort and action. We do not only expose injustice; we work for policy and systems change. We want governments and institutions to address the root causes of inequality, disadvantage, discrimination, exclusion and barriers affecting African people. We believe lasting change must be shaped by people with lived experience.

Exposing Injustice in Africa

Africa Realities Media is an independent African accountability platform based in London. We report, analyse and challenge the systems that shape African suffering, silence African victims and protect abusive power. We are not here to repeat diplomatic language. We are here to ask the questions that are often avoided: why are African deaths treated as normal? Why are African victims given less urgency? Why are governments that imprison, exclude, displace or kill their own people protected when they serve powerful international interests?

Africanews

Africa Realities Media gives space to writers, researchers, experts, activists, community voices, campaigners, analysts and people with lived experience who want to contribute thoughtful, responsible and courageous content about the changes needed in the region, as well as the political, economic, cultural and social African realities that are often ignored, minimised or misrepresented. Our articles and videos aim to encourage debate, raise awareness, stimulate critical thinking and support reflection. We seek to help people in the Great Lakes Region understand their rights to human rights, development and wellbeing, while also encouraging decision-makers to be more transparent, responsive and accountable.

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