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Analyse de l'audition de M Dacian Cioloș, candidat au poste de Secrétaire général de la Francophonie

 

Le 30 juin 2026, pour la première fois en cinquante-six ans d'existence de l'Organisation internationale de la Francophonie, les candidats au poste de Secrétaire général ont été auditionnés publiquement devant les ministres des Affaires étrangères des 53 États membres de plein droit, réunis en Conférence ministérielle extraordinaire à Paris. Parmi les quatre prétendants au mandat 2027-2030, qui sera attribué par les chefs d'État au XXe Sommet de la Francophonie à Phnom Penh les 15 et 16 novembre 2026, figure un profil inédit : Dacian Cioloș, ancien Premier ministre de Roumanie, ancien commissaire européen à l'Agriculture et ancien président du groupe Renew au Parlement européen, seul candidat non africain de la course.

Cet article, premier d'une série de cinq consacrée aux auditions, analyse la prestation de M. Cioloș sur huit axes : la vision, l'innovation, le développement des communautés locales, la promotion de la langue française, les conflits et la sécurité en Afrique, la coopération internationale, les financements innovants, et la définition de priorités et de projets concrets, réalistes et faisables. L'analyse s'appuie sur les extraits de transcription disponibles de son audition, correspondant pour l'essentiel aux séquences de questions-réponses ; les faits contextuels ont été vérifiés auprès de sources indépendantes, référencées en fin d'article.

Vision et innovation

Précisons d'emblée ce que la faiblesse de M. Cioloș n'est pas : rien n'exige d'un Secrétaire général de la Francophonie qu'il ait vécu en Afrique, et son parcours, Premier ministre de son pays, commissaire européen, président de groupe au Parlement européen, constitue une qualification exécutive et multilatérale parfaitement recevable pour cette fonction.

Ne pas être africain, ne pas être né en Afrique ou ne pas y avoir vécu ne devrait pas être considéré comme un handicap automatique pour diriger la Francophonie. Il existe des experts européens et internationaux reconnus dans les affaires africaines qui, sans être africains eux-mêmes, ont acquis une connaissance sérieuse du continent par la recherche, la diplomatie, la coopération, les droits humains, la médiation, le développement ou l’analyse des conflits. Dans certains contextes, cette extériorité peut même devenir un élément positif : elle peut faciliter le consensus, réduire les soupçons d’alignement régional et aider à résoudre certains conflits africains où les acteurs directement impliqués sont perçus comme trop proches des parties en tension.

Le problème de M. Cioloș n’est donc pas son origine européenne. Le problème est que, dans le segment audité, il n’a pas encore démontré comment cette extériorité, son expérience européenne et sa capacité de négociation pourraient devenir une stratégie concrète pour l’Afrique, la langue française et la crédibilité politique de l’OIF.

La faiblesse de son audition est ailleurs : elle tient à ce qu'il n'a pas converti cette expérience en vision propre pour la Francophonie. Interrogé sur l'Afrique, il répond par des engagements de méthode plutôt que de fond : visiter chaque pays africain « au moins une fois » durant sa première année, s'entourer « des gens qui connaissent l'Afrique », nommer une administratrice issue de l'Afrique subsaharienne. Ces engagements sont honorables et vérifiables, mais ils décrivent comment il apprendrait, non ce qu'il ferait, et surtout : visiter n'est pas transformer.

La tournée africaine annoncée aurait pris un tout autre poids si le candidat avait précisé ce qu'elle produirait, un diagnostic partagé, une feuille de route, un pacte africain de la Francophonie, un mécanisme de suivi ou un plan d'investissement. En l'état, elle reste un geste symbolique sans livrable. Le « dialogue structuré » et le « multilatéralisme éclairé » qu'il invoque restent des formules dont le contenu n'est jamais précisé, et le segment audité est presque muet sur l'innovation : aucune proposition numérique, aucun projet structurant, aucune idée nouvelle sur ce que la Francophonie devrait devenir. Un candidat de son calibre pouvait puiser dans ses réformes roumaines et ses arbitrages européens des projets transposables ; il a préféré la prudence, et cette prudence a laissé sa vision indéfinie.

Développement des communautés locales et langue française

Rien, dans le segment disponible, ne touche aux communautés locales : ni les populations déplacées de l'Est congolais, ni les jeunesses urbaines d'Afrique de l'Ouest, ni les locuteurs ruraux qui constituent le socle démographique réel de la langue française. La promotion du français est pareillement absente de ses réponses : à aucun moment le candidat n'expose comment il défendrait la place de la langue dans l'éducation, le numérique ou les enceintes internationales, alors que c'est le cœur symbolique de la fonction qu'il brigue.

Cette absence est importante. La Francophonie n’est pas seulement une organisation d’États. Elle est aussi un espace vécu par des populations qui parlent, apprennent, travaillent, créent, migrent, étudient, débattent et résistent dans une langue qui devrait leur ouvrir des portes. Une vision sérieuse de la langue française ne peut plus se limiter à la défense symbolique du français dans les institutions internationales. Elle doit répondre à des questions concrètes : comment le français peut-il devenir une langue d’emploi, de recherche, de technologie, d’intelligence artificielle, de médias, d’entrepreneuriat et de mobilité pour les jeunes Africains ?

Dans le segment analysé, M. Cioloș ne donne pas de réponse à cette question. Il ne dit pas comment l’OIF devrait défendre le français face à la domination de l’anglais dans les plateformes numériques, les contenus scientifiques, l’intelligence artificielle et les relations économiques internationales. Il ne dit pas non plus comment la Francophonie peut travailler avec les langues africaines au lieu de les ignorer ou de les marginaliser.

Or, l’avenir de la Francophonie dépendra largement de l’Afrique. Mais l’Afrique ne peut pas être seulement le réservoir démographique du français. Elle doit devenir le centre de production des idées, des contenus, des technologies, des récits, des médias, des recherches et des opportunités francophones. Sur ce terrain, l’audition de M. Cioloș reste silencieuse.

Conflits et sécurité au niveau africain

C'est ici que l'audition révèle sa faiblesse la plus grave. Interrogé directement par la ministre des Affaires étrangères de la RDC sur la crise géopolitique sans précédent que traverse l'OIF et sur le rôle que l'organisation pourrait jouer face aux crises africaines, M. Cioloș commence par écarter la partie de la question qui porte sur les retraits du Burkina Faso, du Mali et du Niger, en affirmant avoir « compris » que la question ne visait pas ces pays, avant de dérouler une réponse entièrement générique : la « confiance », le « dialogue permanent », la « médiation à la demande ».

À aucun moment il ne prononce les mots qui définissent la crise : Est de la RDC, M23, Rwanda, agression, occupation, millions de déplacés. Sa proposition la plus concrète face aux conflits est de renforcer les formations de l'Université Senghor pour préparer « des jeunes responsables africains » à gérer les tensions. Répondre à une guerre d'agression par une offre de formation, c'est confondre la pédagogie et la politique.

Cette faiblesse est d’autant plus grave que la question venait de la ministre congolaise des Affaires étrangères. Elle ne lui demandait pas un commentaire abstrait sur la paix mondiale. Elle lui offrait l’occasion de dire comment l’OIF pouvait redevenir crédible dans une région où les populations vivent les conséquences directes des guerres, de l’occupation, des déplacements forcés, de l’impunité et des doubles standards internationaux.

Sa réponse souffre en outre d'une absence totale d'analyse des causes des crises africaines : rien sur les coups d'État, les groupes armés, les conflits frontaliers, l'économie des ressources naturelles, les ingérences étrangères ou les frustrations sociales qui alimentent les tensions ; aucun mécanisme opérationnel de prévention n'est esquissé, ni alerte précoce, ni médiation permanente outillée, ni suivi des crises, ni participation de la société civile, et aucune proposition ne vise à restaurer la crédibilité de l'OIF auprès des pays africains qui s'en retirent ou en contestent le rôle.

C'est l'approche diplomatique classique, appliquée à une crise de confiance qui exige une réponse d'une tout autre profondeur. Son argument selon lequel sa provenance d'un pays extérieur aux rivalités africaines faciliterait la médiation n'est pas sans fondement, et il constitue même l'un de ses atouts objectifs dans le face-à-face Kinshasa-Kigali ; encore fallait-il l'incarner en nommant les conflits qu'il prétend pouvoir arbitrer. Une neutralité qui ne nomme rien n'est pas une neutralité, c'est une abstention.

La crise de l’Est de la RDC ne peut pas être enfermée dans le vocabulaire confortable du « dialogue ». Quand le gouvernement congolais parle d’agression et d’occupation, quand des rapports internationaux documentent le soutien rwandais au M23, quand des familles vivent dans les camps de déplacés, quand des territoires échappent à l’autorité de l’État congolais, parler uniquement de confiance et de médiation revient à laisser les mots les plus importants hors de la salle.

Or, dans les conflits africains, les silences internationaux ont souvent servi les plus puissants. Ils ont rarement protégé les victimes.

Coopération internationale et financements innovants

Son expérience de la coopération multilatérale est incontestable : gérer les intérêts divergents de 27 États en tant que commissaire, diriger un groupe parlementaire de 22 nationalités, sont des références sérieuses de construction de compromis. La faiblesse du segment audité est qu'il en reste à l'analogie sans la traduire en méthode adaptée : les mécanismes qu'il décrit, la recherche de majorités, la gestion d'intérêts divergents, relèvent de la négociation entre États de droit dotés d'institutions communes contraignantes, et le candidat n'explique pas comment il les transposerait à des crises d'une autre nature, guerres d'occupation, ruptures de souveraineté, retraits d'États membres. L'expérience est un capital ; l'audition ne montre pas encore le mode d'emploi.

La coopération internationale dont l’Afrique a besoin ne consiste pas seulement à réunir des États autour d’une table. Elle doit affronter les rapports de force. Elle doit dire comment l’OIF coopérera avec l’Union africaine, les Nations Unies, la SADC, la CEEAC, la CEDEAO, les banques de développement, les sociétés civiles, les médias indépendants et les communautés locales. Elle doit aussi dire comment l’OIF peut agir lorsque certains États membres sont accusés de soutenir des groupes armés ou de déstabiliser leurs voisins.

Quant aux financements innovants, ils sont totalement absents du segment audité : pas un mot sur le modèle économique de l'organisation, sur la diversification des ressources ou sur les partenariats financiers, et aucune esquisse d'une stratégie de financements mixtes associant les États, le secteur privé, les banques de développement, la diaspora, les fondations, les collectivités locales et les entreprises francophones.

C’est un manque sérieux. La Francophonie ne pourra pas devenir plus utile sans moyens. Les discours sur la jeunesse, la formation, l’innovation, la médiation ou la langue française n’auront pas d’impact si l’OIF ne dispose pas d’une stratégie financière claire. Les besoins sont connus : financement des jeunes entrepreneurs, soutien aux médias indépendants, formation numérique, développement des contenus francophones, programmes de médiation, projets locaux, appui aux femmes, accompagnement des communautés déplacées et renforcement des organisations de terrain.

Le segment analysé ne permet pas de savoir comment M. Cioloș financerait une Francophonie plus ambitieuse.

Définition des priorités et projets concrets

Le segment audité ne contient aucun projet au sens propre : rien de daté, de chiffré ou de mesurable au-delà de deux engagements de procédure, à savoir visiter chaque pays africain durant la première année et nommer une administratrice issue de l'Afrique subsaharienne. Ce sont des engagements de méthode, pas des livrables : ils décrivent comment le candidat s'organiserait, non ce qu'il produirait.

Le « dialogue structuré » et la « médiation permanente » sont des postures institutionnelles sans calendrier, sans indicateurs et sans budget ; le renforcement des formations de l'Université Senghor, seule proposition approchant un projet, n'est que l'extension d'une activité existante. Sur le critère du réalisable, ses deux engagements sont certes faisables, mais leur faisabilité tient précisément à leur modestie : un programme dont les seuls éléments vérifiables sont un plan de voyages et une nomination n'établit aucune hiérarchie de priorités pour une organisation en crise.

Ses priorités sont claires sur le versant diplomatique, le dialogue, la confiance, la médiation, et muettes sur l'économie, l'innovation, la langue française et les communautés locales. Le verdict d'ensemble s'énonce simplement : faisable, mais peu transformateur. Visiter les pays africains, renforcer le dialogue et s'entourer d'expertise africaine peut contribuer à restaurer un dialogue politique avec les États membres ; sans plan d'action mesurable en aval, l'impact restera limité.

Une organisation en crise ne peut pas se contenter de priorités implicites. Elle a besoin d’un ordre clair : que faire d’abord, avec quels moyens, pour quels résultats ? L’OIF doit-elle prioriser la langue française, la jeunesse, la paix, les médias, l’intelligence artificielle, la francophonie économique, la médiation ou les sociétés civiles ? Tous ces thèmes sont importants, mais gouverner, c’est choisir.

Dans le segment analysé, M. Cioloș ne choisit pas suffisamment. Il propose une posture de dialogue, mais pas une architecture de mandat.

Points positifs de la présentation

La présentation de M. Cioloș comporte des atouts réels qu'il serait injuste de nier, et il faut le dire nettement : son expérience nationale et européenne suffit, en soi, à faire de lui un Secrétaire général crédible, sans qu'il soit besoin d'avoir vécu en Afrique pour diriger l'organisation.

Gérer les intérêts divergents de 27 États en tant que commissaire européen à l'Agriculture, conduire un gouvernement, puis diriger pendant deux ans et demi un groupe parlementaire réunissant des élus de 22 États et d'une soixantaine de partis, constitue un apprentissage vérifiable de la construction de majorités en milieu multilatéral fragmenté, précisément le savoir-faire dont l'OIF manque.

Son humilité affichée, « je n'ai pas l'habitude de travailler avec l'idée que je sais tout », tranche avec la posture habituelle des candidats à ce type de fonction, et ses deux engagements, la tournée africaine complète et la nomination d'une administratrice subsaharienne, ont au moins le mérite d'être précis, datés et vérifiables, ce qui n'est le cas d'aucune promesse de Mme Bâ.

Enfin, son insistance sur la prévention avant la médiation et sur la confiance comme préalable est analytiquement juste, et son extériorité aux rivalités africaines pourrait objectivement faciliter une médiation dans le face-à-face Kinshasa-Kigali, où toute candidature issue des Grands Lacs est structurellement exposée aux soupçons de proximité avec l’une ou l’autre partie.

Les problèmes de sécurité et de conflits perdurent aussi parce que, pour beaucoup de populations des Grands Lacs, l’OIF sous Mme Mushikiwabo n’a jamais pu incarner une autorité indépendante face à la crise de l’Est de la RDC. Ancienne ministre des Affaires étrangères du Rwanda et arrivée à la tête de l’OIF avec l’appui politique de Kigali et de Paris, elle se trouve dans une position politiquement fragile lorsqu’il s’agit de nommer ce que le gouvernement congolais qualifie d’agression rwandaise et d’occupation de territoires par le M23 appuyé par le Rwanda.

Dans cette région, beaucoup ne croient plus que Kagame et Macron aient un intérêt réel à résoudre les conflits qui maintiennent depuis des décennies les mêmes rapports de force, les mêmes protections diplomatiques et les mêmes injustices. Cette perception n’est pas née d’une théorie abstraite. Elle vient de l’expérience vécue : des familles déplacées, des morts non pleurés par le monde, des sanctions limitées, des discours de paix qui n’arrêtent pas les armes, des intérêts miniers protégés, et des puissances qui parlent de stabilité pendant que les populations paient le prix du chaos.

Ce n’est pas une formulation diplomatique. C’est une lecture politique issue de l’expérience vécue des peuples des Grands Lacs. Dans cette région, beaucoup de citoyens n’ont plus besoin qu’on leur explique la neutralité internationale. Ils ont vu ce que cette neutralité produit : des communiqués, des sommets, des sanctions limitées, mais pas la fin des occupations, pas le retour des déplacés, pas la justice, pas la vérité.

L'élection de M. Cioloș pourrait en outre démontrer que la Francophonie n'est pas réductible à une organisation africaine héritée de la colonisation ni à un instrument néocolonial : qu'elle est véritablement une organisation internationale, et non une chasse gardée de l'Afrique subsaharienne.

Mais pour que cet avantage devienne réel, M. Cioloș devra faire plus que se présenter comme extérieur aux rivalités africaines. Il devra prouver que son extériorité n’est pas une distance froide, mais une capacité de justice. Il devra montrer qu’il peut nommer les faits, écouter les victimes, parler aux États, résister aux pressions et refuser que les vies africaines soient traitées comme une variable secondaire de la diplomatie internationale.

Ce que M. Cioloș devrait clarifier avant Phnom Penh

D’ici le Sommet de Phnom Penh, M. Cioloș devrait clarifier plusieurs points essentiels s’il veut transformer une candidature crédible en candidature convaincante.

Il devrait dire quelle est sa lecture de la crise de l’Est de la RDC. Il devrait dire comment il comprend les mots employés par le gouvernement congolais : agression, occupation, soutien au M23, violation de souveraineté. Il devrait dire comment l’OIF pourrait agir lorsque des États membres sont accusés d’alimenter des conflits dans d’autres États membres.

Il devrait aussi présenter une stratégie concrète pour la langue française dans le numérique. Que fera-t-il pour que le français existe dans l’intelligence artificielle, les contenus éducatifs, les plateformes, les outils de traduction, les données, les médias et la recherche scientifique ?

Il devrait expliquer comment il financera ses ambitions. Une Francophonie plus utile exige des moyens nouveaux. Sans stratégie de financement, les promesses de formation, de médiation, d’innovation ou de jeunesse resteront des déclarations.

Il devrait enfin dire comment les communautés locales seront associées à l’OIF. Les peuples ne peuvent pas seulement être des bénéficiaires. Ils doivent devenir des acteurs : jeunes, femmes, médias, associations, collectivités locales, enseignants, entrepreneurs, diasporas, déplacés, victimes et survivants des conflits.

Questions fréquentes

Qui est Dacian Cioloș ?

Dacian Cioloș est un ancien Premier ministre roumain, ancien commissaire européen à l’Agriculture et ancien président du groupe Renew Europe au Parlement européen. Il est candidat au poste de Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie.

Pourquoi sa candidature est-elle importante ?

Sa candidature est importante parce qu’il est le seul candidat non africain de la course. Elle peut montrer que la Francophonie est une organisation internationale et non une organisation réservée à une région. Mais cette extériorité ne suffit pas : elle doit être accompagnée d’une vision concrète pour l’Afrique, la langue française, les crises sécuritaires et les populations.

Le fait de ne pas être africain est-il un handicap ?

Non. Ne pas être africain ou ne pas avoir vécu en Afrique ne devrait pas être un handicap automatique. Il existe des experts européens et internationaux reconnus dans les affaires africaines. Dans certains conflits, une position extérieure peut même faciliter le consensus, à condition que cette extériorité ne devienne pas une neutralité silencieuse.

Quelle est sa principale force ?

Sa principale force est son expérience de négociation multilatérale. Il connaît la gestion d’intérêts divergents, la construction de compromis et le fonctionnement des institutions complexes.

Quelle est sa principale faiblesse ?

Sa principale faiblesse, dans le segment analysé, est l’absence de projets concrets et mesurables sur l’Afrique, la langue française, l’innovation, les financements et les conflits sécuritaires.

Pourquoi l’article parle-t-il de l’Est de la RDC ?

Parce que la ministre congolaise des Affaires étrangères a interrogé M. Cioloș sur les crises africaines et la crédibilité de l’OIF. Dans ce contexte, l’absence de référence directe à l’Est de la RDC, au M23, au Rwanda, à l’agression, à l’occupation et aux déplacés constitue une faiblesse majeure de sa réponse.

Quand le nouveau Secrétaire général de la Francophonie sera-t-il choisi ?

Le nouveau Secrétaire général doit être choisi lors du XXe Sommet de la Francophonie, prévu à Phnom Penh les 15 et 16 novembre 2026.

Conclusion

Dacian Cioloș est un candidat de méthode, de négociation et d'équilibre institutionnel, et rien, dans son passeport, ne le disqualifie : la Francophonie est une organisation internationale, non une chasse gardée de l'Afrique subsaharienne, et son élection le démontrerait utilement.

Sa faiblesse n'est pas d'où il vient, mais ce qu'il n'a pas dit : une audition sans projet chiffré, sans vision de la langue française, sans analyse des causes des crises africaines et, surtout, sans un mot sur la guerre de l'Est de la RDC lorsque la ministre congolaise lui en offrait l'occasion.

Une neutralité qui ne nomme rien n'est pas une neutralité, c'est une abstention. S'il veut transformer son expérience réelle en candidature convaincante, M. Cioloș devra faire d'ici Phnom Penh ce qu'il n'a pas fait à Paris : dire ce qu'il ferait, pour qui, avec quels moyens, et nommer les crises qu'il prétend pouvoir arbitrer.

La Francophonie n’a pas seulement besoin d’un gestionnaire. Elle a besoin d’une autorité politique capable de regarder les puissants en face, d’écouter les peuples, de refuser les silences confortables et de comprendre que les vies africaines ne valent pas moins.

Les vies africaines ne valent pas moins. Les morts africaines ne sont pas normales. Les intérêts occidentaux ne doivent jamais devenir un permis de tuer des Africains.

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Auteur : Africa Realities Media — Rédaction

Références

Actualité.cd (2026) 'Audition des candidats au poste de SG de l'OIF : quatre candidats en lice, dont Juliana Lumumba et Louise Mushikiwabo avant la bataille finale au Cambodge', 30 juin. Disponible sur : https://actualite.cd/2026/06/30/audition-des-candidats-au-poste-de-sg-de-loif-quatre-candidats-en-lice-dont-juliana (consulté le 2 juillet 2026).

Afriquinfos (2026) 'Les membres de l'OIF à l'audition ce 30 juin des quatre candidats en lice pour le poste de SG de l'Organisation', 30 juin. Disponible sur : https://afriquinfos.com/les-membres-de-loif-a-laudition-ce-30-juin-des-quatre-candidats-en-lice-pour-le-poste-de-sg-de-lorganisation/ (consulté le 2 juillet 2026).

Gabon Media Time (2026) 'Francophonie : grand oral à Paris pour les quatre candidats au secrétariat général', 1er juillet. Disponible sur : https://gabonmediatime.com/francophonie-grand-oral-a-paris-pour-les-quatre-candidats-au-secretariat-general/ (consulté le 2 juillet 2026).

Journal de Kinshasa (2026) 'Francophonie : quatre candidats, un fauteuil, et des tensions diplomatiques en toile de fond', 30 juin. Disponible sur : https://www.journaldekinshasa.com/francophonie-quatre-candidats-un-fauteuil-et-des-tensions-diplomatiques-en-toile-de-fond/ (consulté le 2 juillet 2026).

Le Devoir (2026) 'La course au poste de secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est lancée', juin. Disponible sur : https://www.ledevoir.com/monde/europe/990641/course-direction-organisation-internationale-francophonie-est-lancee (consulté le 2 juillet 2026).

L'Économie (2026) 'Francophonie : qui sont les cinq candidats déclarés pour l'élection du secrétaire général de l'OIF', 22 mai. Disponible sur : https://leconomie.info/francophonie-qui-sont-les-cinq-candidats-declares-pour-lelection-du-secretaire-general-de-loif/ (consulté le 2 juillet 2026).

Reporter.cd (2026) 'OIF : auditions de quatre candidats ce mardi à Paris', 30 juin. Disponible sur : https://www.reporter.cd/oif-auditions-de-quatre-candidats-ce-mardi-a-paris/ (consulté le 2 juillet 2026).

Organisation internationale de la Francophonie (2026) Auditions des candidats au poste de Secrétaire général, retransmissions vidéo, 30 juin. Transcriptions partielles établies par Africa Realities Media à partir des enregistrements publiés sur la chaîne YouTube de l'OIF.

Conseil de sécurité des Nations Unies, Groupe d'experts sur la République démocratique du Congo : rapports documentant le soutien du Rwanda au M23. Disponibles sur : https://www.un.org/securitycouncil/fr/sanctions/1533/work-and-mandate/expert-reports (consulté le 2 juillet 2026).

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[RwandaLibre] Fw: *DHR* RADIO IMPALA.

  ----- Forwarded Message ----- From: Theobald Gakwaya <tgakwaya@yahoo.com> To: "Democracy_Human_Rights@yahoogroupes.fr" <Democracy_Human_Rights@yahoogroupes.fr> Sent: Friday, 28 March 2014, 19:31 Subject: Re: *DHR* RADIO IMPALA.   Abatekereje gushyiraho Radio yo kumara abaturage ubwoba ngo baharanire uburenganzira bwabo bagize neza cyane Ariko se niba barabwiye uwo mugiraneza ko Radio Impala ari iyo gufasha opposition politique Rwandaise kugira acces kuri Medias Noneho yaba yarabaye umwihariko w'amashyaka amwe gusa bigenze bite? Mbese ariko byagenze nta buriganya bwo bwaba burimo? Mbese uwo mugiraneza yaba yari agamije gufasha gusa plateforme RNC-FDU-Amahoro Congres? Nimukomeze kutuvunguriraho natwe tumenye ukuri, Rwaka On Friday, March 28, 2014 2:06 PM, "majaribu1987@yahoo.fr" <majaribu1987@yahoo.fr> wrote:   ...

[AFRICAFORUM] Tr: Fw: WG: NOTIFICATION / GROUPE MICROSOFT CORPORATION

  A votre aimable attention s'il vous plait, Cher(e) lauréat(e), veuillez prendre connaissance de la pièce jointe et automatiquement entrer en contact avec Maître Bakary TOGORA dont les informations sont les suivantes :   Vous avez gagné 250.000€ suite à un tirage au sort. CABINET JURIDIQUE MAITRE BAKARY TOGORA.   Adresse Mail:   cabinet_consultant.togorab@hotmail.fr Contact Téléphonique: (+22) 546 077 726. Adresse Permanente : 20 Avenue du Général De Gaulle, Plateau Rue du Commerce, Immeuble le petit Bassam, Abidjan.   Numéro de la fondation : +1 347 434 5496 LA DIRECTION DES OPERATIONS. __._,_.___ Répondre en mode Web Répondre à expéditeur ...

[RwandaLibre] Obama Sends More U.S. Troops to ...Uganda?

  Obama Sends More U.S. Troops to ...Uganda? By TED GALEN CARPENTER SHARE The Obama administration seems determined to demonstrate that there is no place in the world so geographically remote or strategically and economically irrelevant that U.S. military intervention won't take place. Any doubt on that score was eliminated earlier this week when the administration deployed another 150 Special Operations Forces personnel (along with CV-22 Osprey aircraft) to help the government of Uganda track down rebel warlord Joseph Kony. The new deployment augments the 100 troops Washington previously dispatched to the region in October 2011. At that time, the administration assured skeptics that the mission was strictly limited in nature. Clearly, it has now become somewhat less so, and one must wonder whether there will be future deployments to enlarge Washington's military intervention. Make no mistake ...

[RwandaLibre] RwandAir launches flights to Douala

  RwandAir launches flights to Douala  Image via travelblog.org BY PROF. DR. WOLFGANG H. THOME, ETN AFRICA CORRESPONDENT | MAR 29, 2014 RwandAir will launch their long-awaited commercial flights from Kigali to Douala next Monday, a new route which the airline intends to serve 5 times a week using one of their new Bombardier CRJ900NextGen aircraft. The route will operate out of Kigali every Monday, Wednesday, Friday, Saturday, and Sunday, leaving Rwanda's capital at 1345 hours, a time which offers direct connections from Entebbe, Nairobi, Dar es Salaam and Kilimanjaro but also from RwandAir's Dubai flights. With 7 business class and 68 economy class seats passengers from Douala to Kigali or beyond to the East African destinations, to South Africa or even to Dubai will enjoy the same comfort level as on the carrier's larger Boeing B737-800s and B737-700s. Douala is RwandAir's 5th West Afric...

Why Africa Realities Media Is Different

Africa Realities Media speaks to Africa and to the developed world. Many abuses facing African people are committed by African states and ruling elites, but they are often protected by international silence, lobbying, public relations, trade interests, migration deals and unequal global accountability. While governments pay lobbyists to present a good image abroad, ordinary African people continue to face violence, hunger, disease, poverty, repression and exclusion. We challenge the normalisation of African suffering and demand equal truth, equal justice and equal protection.

Pourquoi Africa Realities Media est différent?

Africa Realities Media s’adresse à l’Afrique et au monde développé. De nombreux abus subis par les peuples africains sont commis par des États africains et des élites dirigeantes, mais ils sont souvent protégés par le silence international, le lobbying, les relations publiques, les intérêts commerciaux, les accords migratoires et une responsabilité mondiale inégale. Tandis que des gouvernements paient des lobbyistes pour présenter une bonne image à l’étranger, des Africains ordinaires continuent de faire face à la violence, à la faim, aux maladies, à la pauvreté, à la répression et à l’exclusion. Nous contestons la normalisation de la souffrance africaine et exigeons une vérité égale, une justice égale et une protection égale.

BBC News

Policy and Systems Change

Our work is designed to trigger debate, discomfort and action. We do not only expose injustice; we work for policy and systems change. We want governments and institutions to address the root causes of inequality, disadvantage, discrimination, exclusion and barriers affecting African people. We believe lasting change must be shaped by people with lived experience.

Exposing Injustice in Africa

Africa Realities Media is an independent African accountability platform based in London. We report, analyse and challenge the systems that shape African suffering, silence African victims and protect abusive power. We are not here to repeat diplomatic language. We are here to ask the questions that are often avoided: why are African deaths treated as normal? Why are African victims given less urgency? Why are governments that imprison, exclude, displace or kill their own people protected when they serve powerful international interests?

Africanews

Africa Realities Media gives space to writers, researchers, experts, activists, community voices, campaigners, analysts and people with lived experience who want to contribute thoughtful, responsible and courageous content about the changes needed in the region, as well as the political, economic, cultural and social African realities that are often ignored, minimised or misrepresented. Our articles and videos aim to encourage debate, raise awareness, stimulate critical thinking and support reflection. We seek to help people in the Great Lakes Region understand their rights to human rights, development and wellbeing, while also encouraging decision-makers to be more transparent, responsive and accountable.

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