Qui dirigera la Francophonie ? Le verdict sur les auditions pour le poste de Secrétaire général de la Francophonie
Quatre candidats, les mêmes silences, une organisation à refonder avant Phnom Penh
Le 30 juin 2026, pour la
première fois de son histoire, l'Organisation internationale de la Francophonie
a soumis les candidats à son Secrétariat général à des auditions publiques,
devant les ministres des Affaires étrangères des 53 États membres de plein
droit réunis à Paris. Quatre personnalités briguent le mandat 2027-2030, qui
sera attribué par les chefs d'État au XXe Sommet de la Francophonie, prévu à
Phnom Penh les 15 et 16 novembre 2026 : la sortante rwandaise Louise
Mushikiwabo, candidate à un troisième mandat après avoir été installée en 2019
sans appel à candidatures ni audition ; la Congolaise Juliana Lumumba, fille de
Patrice Lumumba ; la Mauritanienne Coumba Bâ, conseillère à la présidence de
son pays ; et le Roumain Dacian Cioloș, ancien Premier ministre et ancien
commissaire européen.
L'exercice s'est tenu
dans un contexte que les auditions elles-mêmes se sont efforcées de ne pas
nommer : les retraits du Mali, du Burkina Faso et du Niger, l'adhésion du Togo
et du Gabon au Commonwealth, et l'occupation de l'Est de la République démocratique
du Congo par des forces soutenues par le Rwanda, documentée par le Groupe
d'experts des Nations Unies.
Cet article vise à
présenter une analyse objective de l'efficacité, de la pertinence et de la
faisabilité de la vision et des programmes de chaque candidat. Il ne s'agit pas
de désigner mécaniquement un « bon » ou un « mauvais » candidat, mais
d'examiner ce que chacun propose réellement pour l'avenir de la Francophonie :
quelles priorités, quels projets, quels moyens, quelle capacité de mise en
œuvre, quelle réponse aux crises africaines, quelle place pour les communautés
locales et quelle utilité concrète pour les peuples francophones.
Après quatre articles
consacrés à chacun des candidats, ce cinquième et dernier volet compare les
quatre auditions : faiblesses communes, synthèse axe par axe, clarté des
priorités, faisabilité des projets à court et à moyen terme, silences
révélateurs, lacunes stratégiques, opportunités du prochain mandat et
conclusion générale. L'analyse s'appuie sur les extraits de transcription
disponibles des auditions ; les faits contextuels ont été vérifiés auprès de
sources indépendantes, référencées en fin d'article.
Faiblesses communes aux quatre auditions
Avant l'examen candidat
par candidat, trois faiblesses traversent l'ensemble des auditions et méritent
d'être posées d'emblée, car elles définissent le niveau général de l'exercice.
Une vision stratégique qui reste au niveau des principes
Les candidats parlent
abondamment de dialogue, de confiance, de mise en réseau, de coopération, de
formation ou de francophonie utile. Ces thèmes sont importants, mais ils
demeurent trop souvent des principes. Aucune audition n'apporte de réponse
claire aux trois questions qui devraient structurer toute candidature :
- Que doit devenir l'OIF dans les dix
prochaines années ?
- Quels résultats concrets les populations
francophones doivent-elles ressentir ?
- Comment mesurer la réussite du prochain
mandat ?
Une vision forte aurait
proposé une transformation identifiable de l'organisation : passer d'une
institution de représentation entre États à une organisation d'impact local,
capable d'agir de manière mesurable dans l'éducation, l'emploi, la sécurité, le
numérique, la médiation et l'économie francophone. Aucun candidat ne franchit
ce seuil.
Pour Africa Realities
Media, la question centrale n'est pas de savoir quel candidat parle le mieux de
la Francophonie, mais lequel est prêt à transformer l'OIF en organisation
d'impact réel : une institution capable de financer des projets locaux, de protéger
les communautés affectées par les conflits, de soutenir l'enseignement du
français, de renforcer les langues africaines, d'aider les jeunes à trouver un
emploi, d'appuyer les PME, de défendre les médias indépendants et de nommer les
États qui détruisent la paix tout en siégeant dans les salons diplomatiques.
L'innovation comme thème, pas encore comme architecture
L'intelligence
artificielle, la cybersécurité, les données francophones et la désinformation
sont mentionnées par plusieurs candidats, ce qui est positif. Mais les
propositions restent générales. Manquent, dans toutes les auditions :
- une stratégie claire pour les données
francophones africaines ;
- un fonds francophone pour les start-ups
numériques ;
- une politique de souveraineté numérique
francophone ;
- des partenariats concrets avec les
universités, les médias, les développeurs et les plateformes
technologiques ;
- une réponse articulée à la domination de
l'anglais dans l'IA, la recherche, les contenus numériques et les grandes
plateformes.
L'innovation est donc
présente comme thème de discours, mais nulle part comme architecture de
transformation.
Les communautés locales absentes comme actrices
Les quatre auditions
parlent des États, des institutions, des opérateurs et des réseaux. Les
communautés locales, elles, n'apparaissent presque jamais comme actrices
directes. Une véritable approche de développement local aurait donné une place
aux collectivités territoriales, aux associations communautaires, aux femmes
rurales et urbaines, aux jeunes entrepreneurs, aux communautés déplacées, aux
diasporas, aux petites entreprises locales et aux acteurs culturels et
linguistiques de terrain. La Francophonie est présentée par tous comme une
relation entre États, alors que sa vitalité dépend d'abord des populations, des
écoles, des familles, des médias locaux, des artistes et des entrepreneurs.
Deux expressions auraient
pu ouvrir une nouvelle voie : la « francophonie des peuples » de Juliana
Lumumba et la « francophonie utile » de Coumba Bâ. Mais, dans les deux cas,
l'idée reste plus forte que le dispositif. Une francophonie des peuples ne peut
pas seulement être un slogan de rééquilibrage africain ; elle doit signifier
des projets portés par les communautés locales elles-mêmes. Une francophonie
utile ne peut pas seulement promettre des opportunités économiques ; elle doit
financer des écoles, des formations, des PME, des coopératives, des
associations, des médias locaux et des projets de paix communautaire. Sans
cela, les deux formules risquent de devenir ce que l'OIF produit déjà trop
souvent : de belles expressions sans pouvoir de transformation.
Roumanie — Dacian Cioloș : l'expérience européenne sans projet
francophone suffisamment défini
Dacian Cioloș arrive avec
une expérience institutionnelle incontestable : ancien Premier ministre
roumain, ancien commissaire européen, ancien député européen, il connaît les
négociations multilatérales, les compromis entre États, les équilibres politiques
et les mécanismes de décision complexes.
Son point fort est donc
clair : il peut comprendre une organisation intergouvernementale, dialoguer
avec des États divergents et structurer une méthode de travail. Il a aussi
l'avantage de venir de l'extérieur des fractures directes entre la RDC et le Rwanda,
ce qui pourrait, en théorie, lui donner une marge de médiation.
Mais son audition montre
une limite majeure : son expérience réelle n'est pas suffisamment convertie en
projet propre pour la Francophonie. Sa vision reste centrée sur la méthode, le
dialogue, la confiance, les voyages et l'apprentissage du terrain africain.
Cela peut être utile, mais ce n'est pas encore une refondation.
Sur l'innovation, son
apport reste faible dans le segment audité. Il ne développe pas de stratégie
claire sur l'intelligence artificielle, les données francophones, la
souveraineté numérique, les contenus africains ou la place du français dans les
technologies émergentes.
Sur les communautés
locales, il ne propose pas de mécanisme concret. L'Afrique apparaît comme un
espace à connaître, mais pas encore comme un ensemble de communautés à
financer, écouter et intégrer directement dans l'action de l'OIF.
Son plus grand handicap
est donc le suivant : il peut être un bon gestionnaire diplomatique, mais il ne
démontre pas encore qu'il serait le candidat capable de transformer l'OIF en
organisation d'impact local, africain, numérique et économique. Sa candidature
est faisable, mais encore peu transformatrice.
RDC — Juliana Lumumba : la vision politique la plus forte, mais une
architecture encore incomplète
Juliana Lumumba porte la
candidature la plus politiquement identifiable. Sa notion de « francophonie des
peuples » est l'une des idées les plus importantes de ces auditions. Elle
introduit une rupture nécessaire : la Francophonie ne doit pas seulement être
une organisation d'États, de sommets et de ministres ; elle doit devenir un
outil utile pour les peuples, les communautés locales, les jeunes, les femmes,
les déplacés, les écoles, les médias, les associations et les territoires
oubliés.
Son point fort est donc
la vision. Elle comprend que l'avenir de la Francophonie se joue en Afrique,
dans le climat, dans la sécurité, dans la jeunesse, dans le numérique, dans les
données francophones et dans la capacité de l'organisation à sortir de la
diplomatie décorative.
Elle est aussi la seule à
ancrer une réponse dans une réalité locale concrète, avec l'exemple de la
transhumance des bétails mbororo entre le Tchad et le Congo. Cet exemple montre
une compréhension du lien entre climat, sécurité, mobilité, communautés et
conflits.
Mais sa faiblesse est
l'exécution. Elle nomme des enjeux modernes, mais elle ne les transforme pas
encore en architecture opérationnelle : pas de fonds identifié, pas de pays
pilotes, pas de calendrier, pas de budget, pas de mécanisme de gouvernance, pas
d'instruments précis pour mettre en œuvre la « francophonie des peuples ».
Sur l'intelligence
artificielle, elle identifie les bonnes questions : données francophones, voix
qui comprennent les accents, contenus numériques, protection des données. Mais
elle ne dit pas qui financera, qui développera, qui hébergera, ni comment les
pays africains éviteront de rester consommateurs de technologies conçues
ailleurs.
Son silence relatif sur
la guerre de l'Est de la RDC reste aussi une faiblesse grave. Une candidate
congolaise ne peut pas défendre une Francophonie des peuples sans nommer
pleinement les blessures de son propre peuple, l'occupation de territoires
congolais, le M23 et la responsabilité rwandaise documentée par les experts des
Nations Unies.
Son potentiel est
pourtant le plus transformateur à moyen terme. Si elle transforme ses
intuitions en projets chiffrés, elle pourrait porter la candidature la plus
neuve. Mais sans architecture opérationnelle, une vision forte reste
vulnérable.
Rwanda — Louise Mushikiwabo : la maîtrise de l'appareil, mais le plus
grave problème de légitimité
Louise Mushikiwabo est
techniquement la candidate la plus solide. Elle connaît l'OIF, ses programmes,
ses réseaux, ses partenaires, ses contraintes budgétaires et ses procédures
internes. Elle est la seule à avoir présenté un projet clairement chiffré : le
passage de 20 000 à 100 000 jeunes formés aux métiers du numérique avec la
Banque africaine de développement.
Son avantage est donc
immédiat : elle peut continuer l'appareil, prolonger les programmes existants,
mobiliser les réseaux déjà constitués et exécuter rapidement certaines actions.
Mais c'est précisément là
que se trouve le problème : son programme est surtout celui de la continuité.
Elle reconnaît elle-même que certaines activités de 2027 se poursuivraient «
que je sois là ou que ce soit quelqu'un d'autre ». Une candidate qui reconnaît
que son programme peut s'exécuter sans elle donne elle-même l'argument contre
un troisième mandat.
Sa candidature pose aussi
le plus grave problème politique. Elle a été installée en 2018 sans appel à
candidatures, sans programme déposé et sans audition, par un arrangement
diplomatique entre Emmanuel Macron et Paul Kagame, dans le cadre de la réconciliation
franco-rwandaise. Elle arrive donc dans la compétition de 2026 avec huit années
d'avantage institutionnel acquis hors compétition.
Sur la langue française,
la contradiction est majeure : elle dirige depuis 2019 l'organisation mondiale
de la langue française alors que le régime dont elle est issue a marginalisé le
français au Rwanda, l'a remplacé par l'anglais dans l'enseignement et l'administration,
puis a récupéré la Francophonie comme levier diplomatique lorsque cela est
devenu utile.
Sur les conflits, son
silence sur l'Est de la RDC est structurel. Ancienne ministre des Affaires
étrangères de Paul Kagame, elle ne peut pas nommer clairement la responsabilité
du Rwanda dans la guerre qui ravage l'Est congolais. Ce conflit d'intérêts disqualifie
l'OIF comme médiatrice crédible de la principale guerre de son espace tant
qu'elle reste dirigée par une ancienne responsable politique rwandaise.
Mushikiwabo est donc la
plus faisable à court terme, mais la moins crédible pour une refondation
politique. Elle peut faire fonctionner la machine ; elle ne peut pas incarner
la rupture dont l'OIF a besoin.
Mauritanie — Coumba Bâ : le bon positionnement, mais pas encore de
programme visible
Coumba Bâ porte une idée
intéressante : la « francophonie utile ». Elle présente aussi la Mauritanie
comme un pays carrefour, africain, arabe et sahélien, capable de servir de pont
avec les États du Sahel qui ont quitté l'OIF.
Son positionnement est
pertinent. La Francophonie a perdu le Mali, le Burkina Faso et le Niger ; la
Mauritanie pouvait devenir le point de départ d'une stratégie de réengagement.
Son diagnostic sur la francophonie économique est également juste : l'OIF parle
beaucoup de langue, mais ne transforme pas assez le français en opportunités
économiques, en emplois, en marchés, en mobilité et en soutien aux PME.
Mais son audition reste
trop conceptuelle. Elle parle de mise en réseau, d'harmonisation, de
coordination parfaite, de langue d'opportunité et de francophonie utile, sans
nommer un seul projet précis, un seul fonds, un seul mécanisme, un seul pays
pilote, un seul calendrier ou un seul partenaire opérationnel.
La « francophonie utile »
devrait signifier une Francophonie qui change quelque chose dans la vie
quotidienne : emploi des jeunes, formation professionnelle, financement des
femmes entrepreneures, soutien aux petites entreprises, enseignement du
français, accès au numérique, appui aux associations locales, sécurité
alimentaire, médiation communautaire et projets économiques concrets dans les
territoires. Dans son audition, cette définition reste absente.
Son plus grand atout, le
Sahel, reste également inexploité. Pour une candidate mauritanienne, ne pas
présenter une stratégie claire de réengagement avec Bamako, Ouagadougou et
Niamey est plus qu'une faiblesse : c'est l'abandon de son meilleur argument.
Coumba Bâ a donc le bon
diagnostic et le bon positionnement, mais pas encore le programme qui
permettrait de mesurer la faisabilité de sa candidature. Elle pourrait devenir
une candidate sérieuse de projets si elle présentait avant Phnom Penh une
plateforme économique francophone, un fonds pour les PME, un mécanisme de
financement local, une stratégie d'enseignement du français et une feuille de
route de réengagement sahélien.
Verdict comparatif
Aucun candidat ne
rassemble pleinement les quatre dimensions dont l'OIF a besoin : vision
politique, projets chiffrés, indépendance face aux crises africaines et ancrage
réel dans les communautés locales.
Dacian Cioloș apporte
l'expérience diplomatique et multilatérale, mais pas encore une vision
francophone suffisamment définie.
Juliana Lumumba apporte
la vision politique la plus forte et la sensibilité africaine la plus nette,
mais pas encore l'architecture opérationnelle.
Louise Mushikiwabo
apporte la maîtrise de l'appareil et les projets les plus faisables à court
terme, mais sa candidature porte le plus grave problème de légitimité, de
conflit d'intérêts et de continuité politique.
Coumba Bâ apporte le bon
positionnement économique et sahélien, mais son programme reste trop conceptuel
pour être évalué sérieusement.
Le choix de Phnom Penh ne
devrait donc pas être réduit à une question de compétence administrative. Tous
les candidats sont capables de diriger la Francophonie. Le vrai choix est
politique : continuer l'ancien système ou ouvrir une nouvelle orientation. Si
les chefs d'État recourent au consensus, ce consensus ne doit pas être un
arrangement de couloir ni une reconduction par habitude. Il doit être un
consensus de responsabilité, capable de choisir la personne qui rendra l'OIF
plus utile, plus indépendante, plus courageuse et plus proche des communautés
locales.
ARM ne demande pas à la
Francophonie d'être polie. ARM demande à la Francophonie d'être utile aux
peuples.
Priorités et faisabilité : classement comparatif
Au-delà des faiblesses,
les quatre candidatures peuvent être classées selon deux critères qui
décideront de l'utilité réelle du prochain mandat : la clarté des priorités
affichées et la faisabilité des projets annoncés. Le premier tableau croise ces
deux dimensions ; le second identifie, critère par critère, la candidature la
plus forte.
|
Candidat |
Clarté des priorités |
Priorités principales visibles |
Verdict de faisabilité |
|
Dacian
Cioloș |
Moyenne |
Dialogue, confiance, médiation, connaissance
de l'Afrique |
Faisable,
mais peu transformateur |
|
Juliana
Lumumba |
Bonne |
Climat, sécurité, pays vulnérables, IA,
données francophones, jeunesse |
Prometteur et moderne, en attente d'une
architecture opérationnelle |
|
Louise
Mushikiwabo |
Très
bonne |
IA, désinformation, médiation, découvrabilité,
économie, financements privés |
Le plus faisable à court terme, le moins
audacieux sur la refondation politique |
|
Coumba Bâ |
Bonne |
Francophonie utile, économie, langue
française, coordination, paix et droits humains |
Cohérent, mais trop conceptuel pour que la
faisabilité soit mesurable |
Ce classement fait
apparaître un paradoxe : la candidate dont les priorités sont les plus claires
et les projets les plus faisables, la sortante, est aussi celle dont la
candidature pose le plus grave problème de légitimité, tandis que les
candidatures porteuses des intuitions les plus transformatrices, celle de Mme
Lumumba en particulier, sont les moins outillées pour les exécuter.
Le tableau suivant
attribue à chaque candidat le critère sur lequel il domine, et identifie les
deux critères sur lesquels aucun ne se détache.
|
Critère |
Candidat le plus fort |
Justification |
|
Expérience
institutionnelle de l'OIF |
Louise
Mushikiwabo |
Elle connaît l'organisation, ses programmes,
ses réseaux et ses partenaires |
|
Approche
africaine et climatique |
Juliana
Lumumba |
Elle relie climat, sécurité, pays vulnérables
et réalités africaines vécues |
|
Capacité
diplomatique multilatérale |
Dacian
Cioloș |
Forte expérience de négociation entre États et
groupes politiques divergents |
|
Francophonie
économique |
Coumba Bâ |
Elle insiste le plus fortement sur l'économie,
les échanges et la langue d'opportunité |
|
Innovation
numérique |
Lumumba
et Mushikiwabo |
L'une développe les données et voix
francophones, l'autre l'IA, la désinformation et la découvrabilité |
|
Projets
les plus concrets |
Louise
Mushikiwabo |
Seul projet chiffré des auditions : de 20 000
à 100 000 jeunes formés avec la Banque africaine de développement |
|
Refondation
politique de l'OIF |
Aucun
candidat |
Tous restent prudents sur la crise de
légitimité de l'organisation en Afrique |
|
Développement
local |
Aucun
candidat |
Les communautés locales restent traitées en
bénéficiaires, jamais en actrices |
Les deux dernières lignes
sont les plus lourdes de sens : sur la refondation politique de l'OIF et sur le
développement local, c'est-à-dire sur les deux chantiers dont dépend la survie
même de l'organisation, aucune des quatre candidatures ne se distingue. Elles
convergent ainsi avec les lacunes stratégiques analysées plus loin.
Faisabilité à court terme et à moyen terme
La lecture temporelle
affine encore le classement. À court terme, Mme Mushikiwabo dispose des
propositions les plus immédiatement exécutables, puisqu'elles reposent sur des
programmes existants et des partenariats déjà mobilisables ; M. Cioloș pourrait
agir rapidement sur le dialogue et la médiation, mais l'impact dépendrait de la
profondeur d'une stratégie africaine qu'il n'a pas encore exposée ; Mme Lumumba
pourrait avancer vite si elle structurait ses propositions numériques autour de
quelques projets pilotes ; et Mme Bâ rendrait sa vision rapidement crédible en
créant des instruments économiques précis.
À moyen terme, la
hiérarchie s'inverse. C'est Mme Lumumba qui présente le potentiel de
transformation le plus important, si ses intuitions sur l'intelligence
artificielle, la cybersécurité, les données francophones et le climat
devenaient des programmes institutionnels solides ; Mme Bâ pourrait apporter
une forte valeur ajoutée si la francophonie économique devenait un outil réel
pour les jeunes, les entreprises et les communautés locales ; Mme Mushikiwabo
renforcerait l'impact de l'existant mais devrait démontrer une capacité de
refondation que rien, dans son audition, ne laisse entrevoir ; et M. Cioloș
devrait construire rapidement une vision africaine, numérique et linguistique
pour dépasser le profil d'un candidat purement diplomatique.
Autrement dit, la
candidate la plus faisable à court terme est la moins prometteuse à moyen
terme, et inversement : c'est l'équation exacte que les chefs d'État devront
trancher à Phnom Penh.
Ce que les quatre silences disent de l'organisation
Au-delà des faiblesses
individuelles, les auditions révèlent quatre carences transversales qui en
disent plus long sur l'OIF que sur les candidats.
La première est le
silence unanime sur la guerre de l'Est de la RDC. Dans les segments audités,
aucun des quatre candidats, pas même la candidate congolaise, ne nomme le M23,
l'occupation de territoires congolais ni la responsabilité du Rwanda documentée
par les experts des Nations Unies. La plus grave crise de sécurité de l'espace
francophone, qui a coûté la vie à des millions de Congolais dans les guerres et
violences successives liées à l'Est congolais depuis trois décennies, est
traitée comme un sujet innommable dans l'enceinte même qui prétend incarner la
solidarité francophone.
Ce tabou n'est pas neutre
: il protège structurellement la sortante, dont le pays est mis en cause, et il
confirme que l'organisation a intériorisé l'idée que les morts congolais ne
doivent pas troubler la diplomatie. Les vies africaines ne valent pas moins ;
une organisation qui ne peut pas prononcer le nom de la guerre qui les fauche a
renoncé à une part de sa raison d'être.
La deuxième carence est
l'évitement du Sahel. Les retraits du Mali, du Burkina Faso et du Niger,
événement institutionnel le plus grave de l'histoire récente de l'OIF, ne font
l'objet d'aucune stratégie de réengagement articulée : M. Cioloș écarte explicitement
la question, Mme Mushikiwabo n'en rend pas compte dans le segment audité, Mme
Bâ n'exploite pas l'atout mauritanien qu'elle revendique, et Mme Lumumba
n'aborde pas le sujet.
La troisième carence est
l'absence générale de programme chiffré. Aucun des quatre candidats, la
sortante comprise, n'a présenté dans les segments audités un programme assorti
de budgets, d'arbitrages de ressources ou d'objectifs mesurables couvrant l'ensemble
de son mandat. Sur toute la journée, un seul projet répondant aux critères
élémentaires du concret, un chiffre de départ, un objectif, un partenaire, un
calendrier, a été présenté : le passage à l'échelle de la formation numérique
avec la Banque africaine de développement, porté par Mme Mushikiwabo.
Or un projet isolé n'est
pas un programme : même la sortante, qui dispose pourtant de tous les chiffres
de la maison, n'a pas exposé ce que coûteraient ses priorités pour 2027 ni
comment elle les financerait. Que le seul projet mesurable de quatre auditions
émane de la candidate dont la faiblesse est précisément l'absence de
renouvellement en dit long sur le niveau d'exigence programmatique de
l'exercice : les challengers ont opposé des visions à un bilan, quand il aurait
fallu lui opposer des projets chiffrés.
La quatrième est la
pauvreté générale de la réflexion sur le financement. Une organisation dotée
d'un budget d'environ 116 millions de dollars, dépendante de deux contributeurs
dominants, entend peser sur l'intelligence artificielle, la médiation des conflits
et l'avenir de centaines de millions de locuteurs : aucun candidat n'a présenté
de modèle économique à la hauteur de ces ambitions. La seule proposition
tangible, le virage privé de la sortante, est aussi l'aveu de son propre
retard.
La conclusion s'impose
d'elle-même : ces auditions, saluées comme un progrès de transparence, ont
surtout rendu visible ce que la procédure antérieure dissimulait, à savoir une
organisation qui choisit son plus haut responsable sans exiger de lui qu'il nomme
les guerres, les retraits et les défaillances qui la vident de sa substance. La
question, pour Phnom Penh, n'est pas seulement de savoir qui dirigera la
Francophonie, mais si la Francophonie acceptera enfin de dire ce qu'elle voit.
Lacunes stratégiques : ce qu'aucune audition n'a proposé
Au-delà des silences,
quatre chantiers stratégiques n'ont été traités en profondeur par aucun des
quatre candidats, alors qu'ils conditionnent l'avenir même de l'organisation.
La crise de légitimité de l'OIF en Afrique
La question des retraits
et des tensions entre l'OIF et une partie de l'Afrique francophone est
fondamentale, et pourtant toutes les réponses restent prudentes : aucun
candidat, dans les extraits disponibles, ne propose une refondation claire du
rapport entre l'organisation et le continent qui concentre la majorité de ses
membres et l'écrasante majorité de ses locuteurs. Une réponse
à la hauteur aurait pu inclure :
- une conférence africaine de refondation de
la Francophonie ;
- un mécanisme permanent d'écoute des
sociétés civiles africaines ;
- une évaluation indépendante de l'impact
réel de l'OIF en Afrique ;
- une nouvelle charte de partenariat avec les
États africains ;
- une représentation plus forte des Africains
dans la gouvernance de l'organisation.
Aucune de ces pistes n'a
été formulée. Or, tant que la relation entre l'OIF et l'Afrique reposera sur
l'implicite, chaque crise, chaque retrait, chaque adhésion au Commonwealth
continuera d'éroder une légitimité que les discours de consensus ne suffisent
plus à entretenir.
La jeunesse africaine : beaucoup de discours, peu de garanties
Les jeunes sont invoqués
par les quatre candidats, mais toujours comme bénéficiaires de formations,
jamais comme décideurs. Aucune audition n'a proposé de conseils consultatifs de
jeunes francophones, de fonds d'innovation jeunesse, de programmes de stages et
de mobilité professionnelle, de soutien à l'entrepreneuriat local, d'accès
garanti aux outils numériques ou de participation des jeunes aux décisions de
l'organisation.
Pour une communauté dont
les jeunes constituent la majorité démographique et représenteront l'essentiel
des quelque 700 millions de locuteurs projetés à l'horizon 2050, traiter la
jeunesse comme un public cible plutôt que comme un acteur institutionnel est
une erreur stratégique que tous les candidats partagent.
Une francophonie économique encore trop abstraite
Plusieurs candidats
invoquent la francophonie économique, Mme Bâ en premier lieu, mais aucun ne la
transforme en mécanisme : rien sur des marchés francophones pour les PME, une
plateforme d'échanges commerciaux, l'accès au crédit, la coopération entre chambres
de commerce, le soutien aux femmes entrepreneures, les chaînes de valeur
agricoles et culturelles ou la mobilité professionnelle francophone. L'espace
économique francophone reste, dans toutes les auditions, un potentiel décrit
plutôt qu'un projet construit.
Le français et les langues africaines : l'angle mort partagé
La promotion du français
ne peut pas ignorer les langues africaines, et pourtant cette question est
quasi absente des quatre auditions. Une Francophonie crédible en Afrique doit
défendre le français sans marginaliser les langues nationales : l'avenir plausible
est une francophonie plurilingue associant le français, les langues africaines,
la traduction, l'intelligence artificielle vocale, les contenus éducatifs
multilingues et la valorisation des identités locales.
Seule Mme Lumumba
effleure le sujet à travers les accents et les voix numériques ; aucun candidat
n'en fait un axe de programme. C'est d'autant plus frappant que le
contre-exemple rwandais démontre ce qu'il en coûte de traiter les langues comme
des instruments géopolitiques plutôt que comme des biens des populations.
Opportunités et perspectives : ce que le prochain mandat pourrait saisir
L'analyse des faiblesses
ne doit pas masquer l'essentiel : les opportunités existent, et les auditions
les ont à peine effleurées. L'Afrique représente l'avenir démographique de la
Francophonie, avec la perspective de quelque 700 millions de locuteurs à l'horizon
2050 dont l'écrasante majorité sur le continent : si l'OIF investissait
réellement dans la jeunesse, l'éducation, le numérique, les médias, la culture,
l'économie et la paix, elle pourrait redevenir un acteur stratégique au lieu
d'un forum déclaratif.
La langue française peut
rester une langue d'avenir à condition de devenir une langue d'emploi,
d'innovation, d'entrepreneuriat, de science et de création culturelle, et non
un simple héritage à commémorer. L'intelligence artificielle elle-même, si
souvent citée comme menace, peut devenir une opportunité si les pays
francophones développent leurs propres données, contenus, outils vocaux,
systèmes de traduction et plateformes éducatives plutôt que d'importer ceux des
autres. Et les diasporas francophones, absentes de toutes les auditions,
constituent un gisement inexploité de financements, de compétences,
d'investissements et de relais médiatiques.
Quatre directions pour le mandat 2027-2030
Ces opportunités
dessinent les quatre directions dans lesquelles le prochain mandat devra
repositionner l'organisation.
Une Francophonie
numérique, d'abord, qui investit dans l'intelligence artificielle, les
données francophones, la cybersécurité, les contenus éducatifs et la
découvrabilité.
Une Francophonie
économique, ensuite, qui associe le français à l'emploi, aux PME, à la
mobilité, aux marchés, à l'entrepreneuriat et aux compétences.
Une Francophonie
africaine crédible, encore, fondée sur une écoute réelle des États mais
aussi des sociétés civiles, des jeunes, des femmes, des médias et des
communautés locales.
Une Francophonie de
paix et de justice, enfin, où les discours sur la démocratie, les droits
humains et la médiation s'accompagnent de mécanismes crédibles, transparents et
suivis.
Aucune des quatre
auditions ne couvre ces quatre directions à la fois ; chacune, au mieux, en
éclaire une.
L'épreuve des expériences vécues
Il existe enfin un test
simple que les grandes organisations internationales échouent régulièrement à
s'appliquer : celui des expériences vécues. Les communautés locales, les
jeunes, les femmes, les déplacés, les petits entrepreneurs, les enseignants, les
journalistes et les familles vivent concrètement les effets des crises, du
chômage, de la désinformation, du recul éducatif et de l'insécurité, et
pourtant les institutions parlent en leur nom sans les associer aux décisions.
Une Francophonie
réellement utile devrait pouvoir répondre à six questions :
- que change l'OIF dans la vie d'un jeune
sans emploi ?
- que change-t-elle pour une femme
entrepreneure ?
- que change-t-elle pour une école rurale ?
- que change-t-elle pour un média indépendant
?
- que change-t-elle pour une communauté
affectée par les conflits ?
- que change-t-elle pour une langue menacée
par l'exclusion numérique ?
Aucune des quatre
auditions ne permet de répondre à ces six questions. C'est peut-être le constat
le plus sévère de toute cette analyse, car il ne porte pas sur les candidats
mais sur la culture institutionnelle qu'ils reflètent.
Ce que le prochain Secrétaire général devrait faire dans les 100
premiers jours
Le prochain Secrétaire
général devrait annoncer une conférence africaine de refondation de la
Francophonie, avec les États, les sociétés civiles, les jeunes, les femmes, les
médias indépendants, les enseignants, les entrepreneurs et les communautés
affectées par les conflits.
Il devrait ouvrir un
processus de réengagement avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger, non par
des sermons institutionnels, mais par une écoute politique réelle des raisons
qui ont conduit ces États à quitter l'organisation.
Il devrait commander une
évaluation indépendante de l'impact réel de l'OIF en Afrique : combien
d'emplois créés, combien d'écoles soutenues, combien de jeunes formés, combien
de médias appuyés, combien de projets locaux financés, combien de communautés réellement
touchées.
Il devrait créer un fonds
francophone pour les communautés locales, destiné aux associations,
coopératives, femmes entrepreneures, jeunes innovateurs, écoles rurales, médias
communautaires et projets de paix locale.
Il devrait proposer une
stratégie francophone pour l'intelligence artificielle et les données
africaines, afin que l'Afrique francophone ne reste pas consommatrice de
technologies conçues ailleurs.
Il devrait mettre sur la
table une limitation claire des mandats à la tête de l'OIF. Une organisation
qui parle de démocratie ne peut pas traiter l'alternance comme une option
décorative.
Il devrait enfin nommer
les crises que l'organisation évite : l'Est de la RDC, le M23, le Sahel, les
médias réprimés, les langues africaines marginalisées, les jeunes abandonnés,
les communautés déplacées. Une Francophonie qui ne nomme pas les blessures de
ses peuples ne peut pas prétendre les représenter.
Conclusion
Les auditions montrent
des candidats capables d'identifier les grands défis : l'intelligence
artificielle, la désinformation, la médiation, le climat, la jeunesse,
l'économie, la coopération internationale et le financement. Mais les
faiblesses dominantes sont partout les mêmes : le manque de précision
opérationnelle, l'absence d'indicateurs mesurables, l'insuffisance de l'ancrage
local, et surtout l'absence de réponse forte à la crise de confiance entre
l'OIF et une partie de l'Afrique francophone, crise dont les retraits
sahéliens, les adhésions au Commonwealth et le silence unanime sur la guerre de
l'Est congolais sont les symptômes convergents.
Le futur Secrétaire
général ne devra pas seulement gérer l'OIF ; il devra refonder son utilité.
L'enjeu n'est plus de défendre la langue française dans les institutions, mais
de démontrer que la Francophonie peut améliorer concrètement la vie des populations
: l'emploi, l'éducation, la sécurité, l'accès au numérique, le climat, la
culture, la médiation et la dignité politique.
À l'aune de ces
auditions, le choix de Phnom Penh se ramène à une alternative que le classement
comparatif rend explicite. Le candidat le plus réaliste à court terme est celui
qui dispose déjà de programmes concrets et de partenariats activables, et c'est
la sortante ; mais ce réalisme reconduit une organisation dont la légitimité
s'érode et dont la direction porte un conflit d'intérêts structurel face à la
principale guerre de son espace. Il repose aussi sur un avantage d'incumbence
acquis en dehors de toute compétition, ce qui devrait conduire les États
membres à refuser son troisième mandat au nom de l'équité même du processus
réformé : les trois autres candidats sont en compétition réelle et saine entre
eux ; elle ne l'est avec aucun d'entre eux.
Le candidat le plus
transformateur serait celui qui parviendrait à combiner l'innovation numérique,
la francophonie économique, la justice linguistique, l'ancrage local et une
médiation politique crédible en Afrique, et aucune des quatre auditions ne présente
pleinement cette combinaison. La meilleure candidature réunirait trois
dimensions qu'aucun candidat ne rassemble aujourd'hui : une vision politique
crédible, capable de nommer les crises que l'organisation tait ; une capacité
d'innovation numérique et économique traduite en projets chiffrés ; et une
présence réelle auprès des communautés locales africaines, traitées en actrices
et non en bénéficiaires.
Il serait pourtant faux
de conclure qu'il n'existe que de mauvais candidats. Les quatre personnalités
auditionnées disposent chacune d'une expérience, d'une légitimité et d'une
capacité réelle à diriger la Francophonie. M. Cioloș apporte une expérience multilatérale
solide ; Mme Lumumba porte une sensibilité africaine, politique, climatique et
numérique qui répond à des enjeux réels ; Mme Bâ défend une lecture économique
et sahélienne qui pourrait devenir utile si elle était structurée ; Mme
Mushikiwabo connaît l'appareil de l'OIF et ses programmes. Le problème n'est
donc pas l'absence de candidats capables. Le problème est l'absence, dans les
auditions, d'une candidature qui combine pleinement vision politique, projets
chiffrés, indépendance, courage face aux crises africaines et ancrage local.
Cette comparaison oblige
aussi à regarder le cas de la sortante sans complaisance. Rien, dans ces
auditions, ne démontre que Mme Mushikiwabo soit intellectuellement,
politiquement ou programmatiquement supérieure aux autres candidats. Elle est
au même niveau qu'eux sur plusieurs axes, et parfois moins convaincante
lorsqu'il s'agit de refondation politique, de courage face à la guerre de l'Est
de la RDC, de défense réelle du français ou d'indépendance vis-à-vis des
intérêts rwandais et français. Pourtant, elle vient de passer huit années à la
tête de l'OIF, malgré les critiques relatives à l'autoritarisme du régime dont
elle est issue, aux soupçons de mauvaise gestion, à l'absence d'indépendance
politique et au silence de l'organisation face aux crises africaines les plus
graves. Cette réalité devrait empêcher toute reconduction automatique.
Les quatre candidats
détiennent chacun un fragment de ce dont l'OIF a besoin : la capacité
diplomatique de M. Cioloș, la sensibilité africaine, climatique et numérique de
Mme Lumumba, l'expérience opérationnelle de Mme Mushikiwabo, la vision
économique et linguistique de Mme Bâ. Aucun n'en présente l'ensemble, et c'est
précisément la mesure du chemin que l'organisation doit encore parcourir.
Les chefs d'État devront
donc recourir au consensus, mais un consensus digne de ce nom ne devrait pas
être un arrangement de couloir ni une reconduction par habitude. Il devrait
être un consensus de responsabilité : choisir la personne capable de rendre l'OIF
plus utile, plus indépendante, plus courageuse, plus africaine dans ses
priorités, plus proche des communautés locales et plus claire face aux crises
qu'elle a trop longtemps évitées. Le consensus ne doit pas servir à protéger
l'ancien système ; il doit servir à ouvrir une nouvelle orientation politique.
Car la Francophonie ne
peut plus être seulement une organisation de sommets, de déclarations et de
diplomatie institutionnelle. Elle doit devenir un espace utile, mesurable et
visible pour ceux qui la font vivre : les jeunes sans emploi, les femmes entrepreneures,
les communautés rurales, les pays vulnérables, les médias indépendants, les
enseignants, les créateurs culturels, les chercheurs, les migrants, les
diasporas et les citoyens qui vivent dans des contextes de crise. C'est à cette
aune, et à aucune autre, que le mandat 2027-2030 devra être jugé.
Les vies africaines ne
valent pas moins. Les morts africaines ne sont pas normales. Les intérêts
occidentaux ne doivent jamais devenir un permis de tuer des Africains.
Support independent African accountability
media.
Your donation helps Africa Realities Media
expose injustice, challenge silence and demand equal truth, equal justice and
equal protection for African people.
https://buymeacoffee.com/africarealitiesmedia
Auteur : Africa Realities
Media — Rédaction
Références
Actualité.cd (2026)
'Audition des candidats au poste de SG de l'OIF : quatre candidats en lice,
dont Juliana Lumumba et Louise Mushikiwabo avant la bataille finale au
Cambodge', 30 juin. Disponible sur : https://actualite.cd/2026/06/30/audition-des-candidats-au-poste-de-sg-de-loif-quatre-candidats-en-lice-dont-juliana (consulté le 2 juillet 2026).
Afriquinfos (2026) 'Les
membres de l'OIF à l'audition ce 30 juin des quatre candidats en lice pour le
poste de SG de l'Organisation', 30 juin. Disponible sur : https://afriquinfos.com/les-membres-de-loif-a-laudition-ce-30-juin-des-quatre-candidats-en-lice-pour-le-poste-de-sg-de-lorganisation/ (consulté le 2 juillet 2026).
Assemblée nationale
(France) (2009) Question écrite n° 47543 : francophonie, réponse du ministère
des Affaires étrangères et européennes. Disponible sur : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/13/questions/QANR5L13QE47543 (consulté le 2 juillet 2026).
France 24 / AFP (2022)
'Le Togo et le Gabon rejoignent le Commonwealth', 25 juin. Disponible sur : https://www.france24.com/fr/afrique/20220625-le-togo-et-le-gabon-rejoignent-le-commonwealth (consulté le 2 juillet 2026).
Gabon Media Time (2026)
'Francophonie : grand oral à Paris pour les quatre candidats au secrétariat
général', 1er juillet. Disponible sur : https://gabonmediatime.com/francophonie-grand-oral-a-paris-pour-le-secretariat-general/ (consulté le 2 juillet 2026).
Jeune Afrique (2018)
'Rwanda : la France officialise son soutien à la candidature de Louise
Mushikiwabo à la tête de l'OIF', 23 mai. Disponible sur : https://www.jeuneafrique.com/561832/politique/rwanda-la-france-officialise-son-soutien-a-la-candidature-de-louise-mushikiwabo-a-la-tete-de-loif/ (consulté le 2 juillet 2026).
Jeune Afrique / AFP
(2014) 'Au Rwanda, le français, longtemps mis de côté, fait un discret retour',
27 novembre. Disponible sur : https://www.jeuneafrique.com/depeches/7725/politique/au-rwanda-le-francais-longtemps-mis-de-cote-fait-un-discret-retour/ (consulté le 2 juillet 2026).
Journal de Kinshasa
(2026) 'Francophonie : quatre candidats, un fauteuil, et des tensions
diplomatiques en toile de fond', 30 juin. Disponible sur : https://www.journaldekinshasa.com/francophonie-quatre-candidats-un-fauteuil-et-des-tensions-diplomatiques-en-toile-de-fond/ (consulté le 2 juillet 2026).
La Presse (2008) 'Le
Rwanda remplace le français par l'anglais', 16 octobre. Disponible sur : https://www.lapresse.ca/international/afrique/200810/16/01-29842-le-rwanda-remplace-le-francais-par-langlais.php (consulté le 2 juillet 2026).
Le Devoir (2026) 'La
course au poste de secrétaire général de l'Organisation internationale de la
Francophonie (OIF) est lancée', juin. Disponible sur : https://www.ledevoir.com/monde/europe/990641/course-direction-organisation-internationale-francophonie-est-lancee (consulté le 2 juillet 2026).
L'Économie (2026)
'Francophonie : qui sont les cinq candidats déclarés pour l'élection du
secrétaire général de l'OIF', 22 mai. Disponible sur : https://leconomie.info/francophonie-qui-sont-les-cinq-candidats-declares-pour-lelection-du-secretaire-general-de-loif/ (consulté le 2 juillet 2026).
Radio-Canada (2018) 'La
Rwandaise Louise Mushikiwabo se retrouve aux commandes de l'OIF', 12 octobre.
Disponible sur : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1129306/oif-sommet-francophonie-everan-armenie-louis-mushikiwabo-michaelle-jean-vote (consulté le 2 juillet 2026).
Reporter.cd (2026) 'OIF :
auditions de quatre candidats ce mardi à Paris', 30 juin. Disponible sur : https://www.reporter.cd/oif-auditions-de-quatre-candidats-ce-mardi-a-paris/ (consulté le 2 juillet 2026).
VOA Afrique / AFP (2018)
'Le Rwanda regarde à nouveau aussi vers le monde francophone', 10 août.
Disponible sur : https://www.voaafrique.com/a/le-rwanda-regarde-%C3%A0-nouveau-aussi-vers-le-monde-francophone/4522641.html (consulté le 2 juillet 2026).
Organisation
internationale de la Francophonie (2005) Charte de la Francophonie, adoptée par
la Conférence ministérielle de la Francophonie, Antananarivo, 23 novembre 2005.
Disponible auprès de l'Organisation internationale de la Francophonie.
Organisation
internationale de la Francophonie (2026) Auditions des candidats au poste de
Secrétaire général, retransmissions vidéo, 30 juin. Transcriptions partielles
établies par Africa Realities Media à partir des enregistrements publiés sur la
chaîne YouTube de l'OIF.
Conseil de sécurité des
Nations Unies, Groupe d'experts sur la République démocratique du Congo :
rapports documentant le soutien du Rwanda au M23. Disponibles sur : https://www.un.org/securitycouncil/fr/sanctions/1533/work-and-mandate/expert-reports (consulté le 2 juillet 2026).
Comments
Post a Comment