Skip to main content

About Africa Realities Media

Latest Analysis

Independent analysis, commentary and investigations on Africa, the Great Lakes Region and international accountability.

Le « permis de tuer » du Président du Rwanda Paul Kagame

Le « permis de tuer » du Président du Rwanda Paul Kagame : Pourquoi la communauté internationale n'a pas agi face aux massacres des réfugiés hutu en République démocratique du Congo (1996–1997).

Entre 1996 et 1997, les forces armées du Front patriotique rwandais (FPR), opérant sous le nom d'Armée patriotique rwandaise (APR), ont mené des attaques systématiques et étendues contre les réfugiés hutu rwandais en République démocratique du Congo (RDC). Ces opérations ont impliqué la destruction des camps de réfugiés, la poursuite de civils en fuite à travers des milliers de kilomètres de forêt équatoriale, ainsi que le meurtre de femmes, d'enfants, de personnes âgées et de malades. Les éléments recueillis par les Nations unies, les organisations humanitaires et les organisations de défense des droits humains montrent des schémas de violence constituant de graves violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l'homme. Le rapport de cartographie des Nations unies de 2010 a conclu que la nature et l'ampleur de ces attaques pourraient, si elles étaient prouvées devant une juridiction compétente, être qualifiées d'actes de génocide.

Malgré cette documentation abondante, la communauté internationale n'a entrepris aucune action significative pour traiter ces atrocités. Aucun tribunal n'a été créé, aucune enquête judiciaire n'a été autorisée par le Conseil de sécurité, et aucun auteur n'a été poursuivi. Cet article analyse les éléments disponibles, explique les raisons de l'absence de responsabilité et présente des recommandations politiques destinées aux décideurs internationaux souhaitant rompre le cycle de l'impunité dans la région des Grands Lacs.

1. Introduction : un chapitre oublié du crime international

Les massacres des réfugiés hutu en RDC constituent l'un des crimes les plus graves et les plus ignorés de l'ère post-guerre froide. Après le génocide de 1994 au Rwanda, plus d'un million de réfugiés hutu ont traversé la frontière vers l'ex-Zaïre. Si une minorité d'entre eux avait participé au génocide, l'immense majorité était composée de civils. Lorsque le Rwanda et ses alliés régionaux ont envahi le Zaïre en octobre 1996, ces réfugiés sont devenus des cibles prioritaires.

Les camps de réfugiés ont été rapidement détruits. Des dizaines de milliers de civils se sont retrouvés en fuite dans les forêts congolaises. Dans leur fuite, ils ont été traqués, encerclés, tués ou laissés mourir sans accès à l'aide humanitaire. La poursuite des réfugiés à travers de vastes distances a impliqué des attaques contre des groupes de civils non armés, épuisés, malnutris et atteints de maladies. Beaucoup sont morts de violences directes, mais beaucoup d'autres ont péri de faim, d'exposition, de maladies et d'épuisement après avoir été délibérément privés d'assistance vitale.

Pendant des années, ces crimes ont été politiquement occultés, diplomatiquement embarrassants et institutionnellement négligés. Pourtant, les éléments disponibles présentent une image cohérente : des violations massives ont été commises, et la communauté internationale a choisi de ne pas agir. Cet article avance que Paul Kagame et le FPR ont bénéficié d'une protection politique équivalant à un véritable « permis de tuer », leur permettant de commettre des crimes étendus contre les réfugiés en toute impunité.

2. La population réfugiée et l'effondrement des camps

Après 1994, l'exode des réfugiés hutu vers le Zaïre a engendré une crise humanitaire sans précédent. Les camps de Mugunga, Katale, Kibumba et Bukavu accueillaient plus d'un million de personnes. Les organisations humanitaires ont documenté des conditions de surpopulation extrême, des épidémies de choléra et l'infiltration d'éléments armés de l'ancien régime. Pourtant, les évaluations de l'UNHCR et d'autres ONG ont constamment indiqué que la majorité des occupants étaient des civils non combattants : des femmes, des enfants, des enseignants, des agriculteurs et des personnes âgées ayant fui par peur de représailles.

En 1996, le gouvernement rwandais a déclaré que les camps constituaient une menace sécuritaire et a commencé à préparer des opérations militaires pour les démanteler. Ces préparatifs comprenaient l'infiltration des camps, la pression diplomatique exercée sur le Zaïre et la coordination avec le mouvement rebelle AFDL de Laurent-Désiré Kabila. Lorsque l'invasion a débuté, la destruction des camps n'a pas été un dommage collatéral ; elle était intentionnelle et planifiée. En quelques jours, l'infrastructure humanitaire s'est effondrée, les travailleurs humanitaires ont évacué et les réfugiés ont fui sans protection.

3. Les preuves des atrocités commises contre les réfugiés hutu

3.1 Le rapport de cartographie des Nations unies

Le rapport de cartographie de 2010 constitue la source la plus complète sur cette période. Ce document de 550 pages analyse les crimes les plus graves commis en RDC entre 1993 et 2003. Il identifie des centaines d'incidents impliquant des attaques contre des réfugiés hutu, dont des massacres dans des hôpitaux, des églises, des écoles, des villages et des sites de regroupement improvisés. Le rapport décrit une violence systématique, répétée et généralisée. Il souligne que les attaques ciblant les réfugiés hutu pourraient, si elles étaient prouvées devant un tribunal, être qualifiées d'actes de génocide.

3.2 L'Équipe d'enquête des Nations unies (1997–1998)

L'équipe d'enquête déployée en 1997 a rencontré des obstacles majeurs imposés par le gouvernement rwandais, qui a refusé l'accès à des sites clés, bloqué les visas et orchestré des campagnes de dénigrement contre les enquêteurs. Malgré ces difficultés, l'équipe a découvert des fosses communes, des restes humains et des témoignages crédibles faisant état de massacres.

3.3 Human Rights Watch

Human Rights Watch a documenté des massacres à Mugunga, Shabunda, Tingi-Tingi, Kisangani et Mbandaka. Les rapports décrivent des exécutions, des viols, des assassinats de femmes enceintes, d'enfants et de personnes âgées, ainsi que le refus systématique d'accès humanitaire.

3.4 Médecins Sans Frontières

Les équipes médicales de MSF ont constaté la disparition de milliers de réfugiés et ont décrit des décès massifs dus au refus d'accès à la nourriture, à l'eau et aux soins. MSF affirme que cette catastrophe humanitaire était en grande partie « délibérément provoquée ».

3.5 Amnesty International

Amnesty International a conclu que la majorité des victimes étaient des civils et que les opérations militaires impliquaient des violations délibérées du droit international humanitaire, notamment le meurtre de civils non armés.

4. Pourquoi la communauté internationale n'a-t-elle pas réagi ?

4.1 La protection géopolitique des États-Unis et du Royaume-Uni

La raison principale de l'inaction internationale réside dans la protection politique accordée à Kagame par les États-Unis et le Royaume-Uni. Après 1994, ces pays ont présenté le Rwanda comme un « modèle africain », un allié stratégique et un partenaire sécuritaire. Toute critique du FPR était jugée politiquement sensible. Les diplomates occidentaux ont freiné les initiatives d'enquête, protégé Kigali au Conseil de sécurité et marginalisé les rapports mettant en cause les forces rwandaises.

4.2 Les faiblesses internes des Nations unies

Les dirigeants des Nations unies ont manqué de courage politique pour confronter le Rwanda, en partie en raison du traumatisme institutionnel lié au génocide de 1994. Les enquêtes ont été sous-financées, entravées et souvent enterrées. Aucune action n'a suivi les rapports pourtant accablants.

4.3 Les limites du Tribunal pénal international pour le Rwanda

Le TPIR avait un mandat restreint aux crimes commis au Rwanda en 1994, excluant les crimes du FPR commis au Zaïre et les crimes postérieurs à 1994. Cette limitation était politique et non juridique. Elle a créé un vide judiciaire durable.

4.4 La déshumanisation des réfugiés hutu

La présence de génocidaires parmi les réfugiés a conduit à une stigmatisation générale de toute la population réfugiée. Cette perception erronée a facilité l'indifférence internationale face aux souffrances des civils innocents.

4.5 L'absence de représentation politique des victimes

Les réfugiés hutu n'avaient aucun État pour défendre leurs droits : le Zaïre s'effondrait, le Rwanda ne parlerait pas en leur faveur et la région n'avait aucun intérêt à dénoncer ces crimes.

5. Les implications politiques pour les décideurs internationaux

L'absence d'enquête et de justice mine la crédibilité du système international. Elle envoie le message que des alliés géopolitiques peuvent commettre des atrocités sans être inquiétés. En RDC, cette impunité a alimenté deux décennies de conflits. Dans la région des Grands Lacs, elle continue d'alimenter l'instabilité. Pour les Nations unies, le fait d'ignorer ses propres rapports mine son autorité morale et juridique.

6. Recommandations pour une action internationale

6.1 Création d'un mécanisme d'enquête indépendant

Le Conseil de sécurité devrait créer un mécanisme indépendant chargé de poursuivre l'enquête sur les massacres de réfugiés hutu, sur le modèle des mécanismes établis pour la Syrie ou le Myanmar.

6.2 Déclassification des archives des Nations unies

Les archives scellées du rapport de 1997, du HCR et des missions de maintien de la paix devraient être rendues publiques afin de permettre une évaluation complète des crimes.

6.3 Révision de la protection diplomatique

Les États qui ont historiquement protégé le Rwanda devraient réévaluer leur position à la lumière des preuves existantes et soutenir désormais la recherche de la vérité.

6.4 Initiatives régionales africaines

L'Union africaine et les organisations régionales devraient prendre l'initiative de créer un tribunal spécial des Grands Lacs pour traiter les crimes transfrontaliers.

6.5 Engagement de la Cour pénale internationale

La CPI devrait envisager un examen préliminaire sur la base de crimes commis sur le territoire de la RDC, État partie au Statut de Rome.

7. Conclusion

Les massacres des réfugiés hutu en République démocratique du Congo demeurent l'un des plus grands silences de la diplomatie internationale. Malgré des preuves solides recueillies par les Nations unies et les organisations de défense des droits humains, aucune action concrète n'a été entreprise. Paul Kagame et le FPR ont bénéficié d'une protection politique forte, permettant l'impunité face à des crimes d'une gravité exceptionnelle.

Pour les décideurs internationaux, la question n'est plus de savoir si ces crimes ont eu lieu, mais si la communauté internationale est prête à les confronter. La justice n'est pas seulement un impératif moral ; elle constitue la condition préalable à une paix durable dans la région des Grands Lacs. L'impunité a façonné l'histoire récente de la région. Seule la responsabilité peut inverser cette dynamique.

Références

  • United Nations Office of the High Commissioner for Human Rights (2010). Report of the Mapping Exercise covering the most serious violations of human rights and international humanitarian law committed in the Democratic Republic of Congo between 1993 and 2003.
  • United Nations Investigative Team (1997–1998). Report of the UN Team Investigating Serious Violations in Eastern Zaire.
  • UNHCR (1996–1997). Situation Reports on Great Lakes Refugee Crisis.
  • Human Rights Watch (1997). What Kabila is Hiding: Civilian Killings and Impunity in Congo.
  • Human Rights Watch (1999). Eastern Congo: Killing the Refugees.
  • Amnesty International (1997). Zaire: Mass Killings of Hutu Refugees.
  • Médecins Sans Frontières (1996–1997). Rapports opérationnels Goma, Bukavu, Kisangani.
  • Reyntjens, F. (2009). The Great African War: Congo and Regional Geopolitics.
  • Prunier, G. (2009). Africa's World War.
  • Lemarchand, R. (2001). The Dynamics of Violence in Central Africa.
  • Mamdani, M. (2001). When Victims Become Killers.

Préparé par :
Sam Nkumi, Chris Thomson & Gilberte Bienvenue
Africa Context, London, UK



Comments

Support Our Work Now !

Africa Realities Media is independent. Your support helps us expose injustice, challenge silence and produce evidence-based analysis on Africa and the Great Lakes Region.

Recent Posts

Show more
Africa Realities Media offre un espace aux écrivains, chercheurs, experts, activistes, voix communautaires, militants, analystes et personnes ayant une expérience vécue qui souhaitent contribuer à des contenus réfléchis, responsables et courageux sur les changements nécessaires dans la région des Grands Lacs, ainsi que sur les réalités politiques, économiques, culturelles et sociales africaines souvent ignorées, minimisées ou mal représentées. Nos articles et vidéos visent à ouvrir le débat, renforcer la sensibilisation, encourager la pensée critique et favoriser une réflexion plus profonde sur les réalités vécues par les populations africaines. Nous voulons aider les peuples de la région des Grands Lacs à mieux comprendre leurs droits, notamment leurs droits humains, leur droit au développement, leur droit à la dignité, à la sécurité, au bien-être et à une vie meilleure. À travers nos contenus, nous cherchons également à rappeler aux décideurs, aux institutions publiques, aux acteurs régionaux et internationaux, ainsi qu’aux responsables politiques, leur devoir de transparence, de responsabilité et de redevabilité envers les populations qu’ils prétendent servir. Notre objectif est de contribuer à une culture de vérité, de justice, de participation citoyenne et de protection égale pour tous les peuples africains.

Why We Exist

Many abuses facing African people are committed by African states, ruling elites, armed groups, military forces and security services. But these abuses are often sustained by international silence, Western lobbying, trade interests, migration deals, mineral access, diplomatic partnerships and unequal global accountability. Africa Realities Media exposes that system.

Lived Experience Matters

Survivors, displaced communities, refugees, families affected by repression, journalists, activists, women, young people and diaspora voices are not passive subjects. They are knowledge holders. Their experiences must shape policy, advocacy, journalism and public debate. The people closest to injustice are often closest to the solutions.

Our Principle

Africa Realities Media is rooted in one principle: African lives deserve equal truth, equal justice and equal protection.

Popular Posts

[RwandaLibre] Re: Miss Rwanda 2014

  En l'espace de quelques heures, en moins de 24 heures, je viens de lire 3 postings différents, provenant d'autant de membres différents, qui pointent vers la défaillance du système d'éducation au Rwanda. Certains surnomment ironiquement les diplômes générés par ce système "Merci Kagame"! Rares sont les écoles, fussent-elles du tiers-monde, où les étudiants à la fin de leurs études seraient incapables de fonctionner dans d'autres écoles à l'étranger. Pourtant c'est la triste réalité actuelle au Rwanda. Pour ceux qui connaissent le fonctionnement des Nations-Unies, il est grand temps de dépêcher sur place un rapporteur spécial... L'UNESCO peut-être! Sibomana Jean Bosco. *DHR* BBC: Iyumvire uburyo Kagame na FPR bazambije uburezi mu Rwanda kuburyo ababyeyi bifite bahitamo kohereza abana babo hanze Libellés : Forums Peter Rwagasabo - 29 janv. à rwagasabo, (bcc:Democrac...

The FDLR Myth: How Rwanda Weaponises a Diminished Threat to Justify Occupation

The FDLR Myth: How Rwanda Weaponises a Diminished Threat to Justify Occupation Investigation Exposes Contradictions in Rwanda's Security Narrative For over a decade, Rwanda has justified its military presence in eastern Democratic Republic of Congo by citing threats from the FDLR, a Hutu militia group linked to the 1994 genocide. But an investigation into FDLR's actual capabilities, Rwanda's military operations, and patterns of violence reveals a narrative that does not match reality. The FDLR threat, whilst real, has been systematically exaggerated and manipulated to justify objectives that have nothing to do with the militia group. Introduction The Democratic Forces for the Liberation of Rwanda (FDLR) occupies a central position in Rwanda's justification for military intervention in eastern Democratic Republic of Congo. For more than two decades, Rwandan authorities have portrayed the militia group as an existential threat requiring sustaine...

The Aggressor’s Complaint: Why Rwanda’s “Biased” US Sanctions Argument Echoes Russia

Kigali wants Washington to punish Congo too. But a ceasefire that leaves the occupier in place is not peace; it is occupation without noise. African lives are not worth less. African deaths are not normal. Western interests must never become a licence to kill African people. Introduction: A Familiar Complaint On 29 June 2026, Rwanda’s Minister of Foreign Affairs, Olivier Nduhungirehe, sat before the cameras of France 24 and declared that his country was “disappointed by the increasingly biased US mediation” in the conflict with the Democratic Republic of Congo. He asked why sanctions had targeted only Rwanda. He called the measures unfair, one-sided and counterproductive. Weeks earlier, President Paul Kagame had told Jeune Afrique that sanctions and threats were insults thrown at Rwanda, and accused Washington of exerting heavy pressure on Rwanda while treating the DRC more delicately. The grievance sounds reasonable until you remember where you have heard it before. Since 2022, the Kr...

THE GENOCIDE AGAINST THE HUTU. PART 2: DOCUMENTED MASS KILLINGS OF HUTU POPULATIONS

MASS KILLINGS OF HUTU BEFORE, DURING, AND AFTER 1994 IN RWANDA, DRC AND UGANDA INTRODUCTION TO PART 2 Part 1 established the assassination of President Habyarimana, the Bruguière and Spanish investigations, Kagame's responsibility for starting the war, the Kigali massacres, challenges to the "genocide against the Tutsi only" narrative, and the need for UN framework revision. Part 2 documents specific mass killings of Hutu populations that have been systematically erased from history: the Kibeho massacre of 1995, the Byumba Stadium massacre of 1994, the hunting and slaughter of Hutu refugees in the Democratic Republic of Congo from 1996 to 1997, killings in Uganda, and the pattern of political assassinations and property seizures. 2. THE KIBEHO MASSACRE (22 APRIL 1995) 2.1 The Camp and Its Population By April 1995, the Kibeho internally displaced persons camp in Gikongoro prefecture southwestern Rwanda held between 80,000 and 100,000...

L’empire des amis internationaux de Kagame : le puissant réseau derrière sa protection internationale

Cet article identifie le principal obstacle à la responsabilisation de Paul Kagame pour ses actions au Rwanda et dans la région des Grands Lacs : le puissant réseau international de dirigeants politiques, d’anciens présidents, de diplomates, de philanthropes, de personnalités religieuses, d’hommes et de femmes d’affaires, d’institutions internationales, d’organisations sportives, de conseillers et de lobbyistes rémunérés qui, depuis trois décennies, le promeuvent, le légitiment, le défendent et le protègent. Il s’agit d’un article d’identification du problème. Il cherche à comprendre pourquoi Kagame est resté influent et protégé sur la scène internationale malgré des allégations graves et largement documentées concernant les actions militaires du Rwanda en République démocratique du Congo, la répression politique, les opérations extraterritoriales, l’exploitation des ressources minières ainsi que le traitement réservé aux opposants politiques, aux journalistes et aux critiques. La ...

Desperate Kagame: Where Does He Go From Here—and What Comes Next?

  How Paul Kagame Uses Diplomats' "Bury Your Head in the Sand" Strategy as a Green Light to Continue Rwanda's War in the DRC Africa Realities Media   |   17 July 2026 The purpose of this article is to expose a deliberate and systematic strategy: Paul Kagame's years-long practice of creating events — diplomatic dinners, RPF party meetings, genocide commemorations, international business forums and RPF Bureau Politique addresses — to which he invites foreign ambassadors and the world's business and political elite for one purpose: to explain, justify, and defend Rwanda's military invasion of the Democratic Republic of Congo. Everybody who follows this region knows the strategy now. The same narrative. The same arguments. The same defiance. At one event he tells the Trump Administration to go to hell. At the next he says those sanctioning him will leave power and he will remain. At the RPF Bureau Politique of 17 July 2026, he tells ambassadors that the on...

Kagame désespéré : où va-t-il aller maintenant — et que va-t-il se passer ensuite ?

Comment Paul Kagame utilise la stratégie diplomatique de « l’autruche » comme feu vert pour poursuivre la guerre du Rwanda en RDC Le but de cet article est d’exposer une stratégie délibérée et systématique : la pratique, poursuivie depuis des années par Paul Kagame, consistant à créer des événements — dîners diplomatiques, réunions du parti FPR, commémorations du génocide, forums internationaux d’affaires et interventions devant le Bureau Politique du FPR — auxquels il invite des ambassadeurs étrangers ainsi que l’élite mondiale des affaires et de la politique dans un seul but : expliquer, justifier et défendre l’invasion militaire de la République démocratique du Congo par le Rwanda. Tous ceux qui suivent cette région connaissent désormais cette stratégie. Le même récit. Les mêmes arguments. La même défiance. Lors d’un événement, il dit à l’administration Trump d’aller au diable. Lors du suivant, il affirme que ceux qui le sanctionnent quitteront le pouvoir tandis que lui restera. Lor...

La plainte de l’agresseur : pourquoi l’argument rwandais des sanctions américaines “biaisées” fait écho à la Russie

Kigali veut que Washington punisse aussi le Congo. Mais un cessez-le-feu qui laisse l’occupant en place n’est pas la paix ; c’est une occupation sans bruit. Les vies africaines ne valent pas moins. Les morts africaines ne sont pas normales. Les intérêts occidentaux ne doivent jamais devenir un permis de tuer des Africains. Introduction : une plainte familière Le 29 juin 2026, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, s’est présenté devant les caméras de France 24 et a déclaré que son pays était « déçu par la médiation américaine de plus en plus biaisée » dans le conflit avec la République démocratique du Congo. Il a demandé pourquoi les sanctions visaient uniquement le Rwanda. Il a qualifié ces mesures d’injustes, unilatérales et contre-productives. Quelques semaines plus tôt, le président Paul Kagame avait déclaré à Jeune Afrique que les sanctions et les menaces étaient des insultes lancées au visage du Rwanda, et avait accusé Washington d’exercer une forte p...

Analyse de l'audition de Mme Coumba Bâ, candidate au poste de Secrétaire général de la Francophonie

La francophonie utile à l'épreuve des projets concrets Conseillère à la présidence mauritanienne, forte d'une longue expérience auprès de cinq chefs d'État successifs de son pays, Coumba Bâ porte la candidature de la Mauritanie au poste de Secrétaire général de la Francophonie, dont le titulaire du mandat 2027-2030 sera désigné par les chefs d'État au XXe Sommet de la Francophonie, prévu à Phnom Penh les 15 et 16 novembre 2026. Son audition publique du 30 juin 2026 à Paris, devant les ministres des Affaires étrangères des 53 États membres de plein droit, reposait sur un positionnement singulier : celui d'un pays carrefour, à la fois africain, arabe et sahélien, présenté comme un pont possible vers les États qui ont quitté l'organisation. Cet article, quatrième d'une série de cinq consacrée aux auditions, analyse sa prestation sur huit axes : la vision, l'innovation, le développement des communautés locales, la promotion de la langue française, les confli...

Analyse de l'audition de M Dacian Cioloș, candidat au poste de Secrétaire général de la Francophonie

  Le 30 juin 2026, pour la première fois en cinquante-six ans d'existence de l'Organisation internationale de la Francophonie, les candidats au poste de Secrétaire général ont été auditionnés publiquement devant les ministres des Affaires étrangères des 53 États membres de plein droit, réunis en Conférence ministérielle extraordinaire à Paris. Parmi les quatre prétendants au mandat 2027-2030, qui sera attribué par les chefs d'État au XXe Sommet de la Francophonie à Phnom Penh les 15 et 16 novembre 2026, figure un profil inédit : Dacian Cioloș, ancien Premier ministre de Roumanie, ancien commissaire européen à l'Agriculture et ancien président du groupe Renew au Parlement européen, seul candidat non africain de la course. Cet article, premier d'une série de cinq consacrée aux auditions, analyse la prestation de M. Cioloș sur huit axes : la vision, l'innovation, le développement des communautés locales, la promotion de la langue française, les conflits et la s...

Why Africa Realities Media Is Different

Africa Realities Media speaks to Africa and to the developed world. Many abuses facing African people are committed by African states and ruling elites, but they are often protected by international silence, lobbying, public relations, trade interests, migration deals and unequal global accountability. While governments pay lobbyists to present a good image abroad, ordinary African people continue to face violence, hunger, disease, poverty, repression and exclusion. We challenge the normalisation of African suffering and demand equal truth, equal justice and equal protection.

Pourquoi Africa Realities Media est différent?

Africa Realities Media s’adresse à l’Afrique et au monde développé. De nombreux abus subis par les peuples africains sont commis par des États africains et des élites dirigeantes, mais ils sont souvent protégés par le silence international, le lobbying, les relations publiques, les intérêts commerciaux, les accords migratoires et une responsabilité mondiale inégale. Tandis que des gouvernements paient des lobbyistes pour présenter une bonne image à l’étranger, des Africains ordinaires continuent de faire face à la violence, à la faim, aux maladies, à la pauvreté, à la répression et à l’exclusion. Nous contestons la normalisation de la souffrance africaine et exigeons une vérité égale, une justice égale et une protection égale.

BBC News

Policy and Systems Change

Our work is designed to trigger debate, discomfort and action. We do not only expose injustice; we work for policy and systems change. We want governments and institutions to address the root causes of inequality, disadvantage, discrimination, exclusion and barriers affecting African people. We believe lasting change must be shaped by people with lived experience.

Exposing Injustice in Africa

Africa Realities Media is an independent African accountability platform based in London. We report, analyse and challenge the systems that shape African suffering, silence African victims and protect abusive power. We are not here to repeat diplomatic language. We are here to ask the questions that are often avoided: why are African deaths treated as normal? Why are African victims given less urgency? Why are governments that imprison, exclude, displace or kill their own people protected when they serve powerful international interests?

Africanews

Africa Realities Media gives space to writers, researchers, experts, activists, community voices, campaigners, analysts and people with lived experience who want to contribute thoughtful, responsible and courageous content about the changes needed in the region, as well as the political, economic, cultural and social African realities that are often ignored, minimised or misrepresented. Our articles and videos aim to encourage debate, raise awareness, stimulate critical thinking and support reflection. We seek to help people in the Great Lakes Region understand their rights to human rights, development and wellbeing, while also encouraging decision-makers to be more transparent, responsive and accountable.

Appel à contributions

Sensibilisez le public aux causes qui vous tiennent à cœur. Prenez part au changement que vous souhaitez voir émerger. Aidez à combattre l’injustice partout où elle se manifeste.

Africa Realities Media accueille des articles originaux, analyses, tribunes, réflexions communautaires et commentaires fondés sur des faits concernant la région des Grands Lacs africains, ainsi que les questions liées à la justice, aux droits humains, à la gouvernance, aux conflits, à la paix, aux réfugiés, aux ressources naturelles et à la responsabilité publique en Afrique.

Nous accueillons également les annonces concernant de nouvelles ou d’anciennes publications liées à nos domaines d’intérêt. Vous pouvez annoncer gratuitement votre publication, notamment un livre, un rapport, une étude, un article académique ou tout autre travail pertinent.

Les articles doivent être rédigés en anglais ou en français et ne doivent pas dépasser 1 500 mots.

Veuillez inclure le nom complet de l’auteur, qui sera publié avec l’article s’il est accepté.

Avant de soumettre votre article, veuillez d’abord lire nos pages du site web afin de vérifier si votre article correspond à nos priorités éditoriales, à nos thèmes et à nos domaines d’intérêt.

Si vous avez un article, un commentaire ou une annonce de publication à partager avec un public plus large, veuillez l’envoyer par email à :

africarealitiesmedia@gmail.com

Nous étudierons la possibilité de publier gratuitement les articles et annonces de publications appropriés s’ils répondent à nos critères éditoriaux, notamment la pertinence, la clarté, l’originalité, l’intérêt public, le respect des communautés concernées et l’utilisation responsable des informations et des preuves.

Les articles sont publiés tels qu’ils sont soumis s’ils répondent à nos critères et à notre politique éditoriale. Nous ne procédons pas à une modification supplémentaire de votre article avant sa publication.