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[RwandaLibre] Fw: *DHR* Procès Rwanda : le baiser de la mort d'une ancienne alliée

 



----- Forwarded Message -----
From: "agnesmurebwayire@yahoo.fr" <agnesmurebwayire@yahoo.fr>
To: Democracy_Human_Rights@yahoogroupes.fr
Sent: Wednesday, 26 February 2014, 13:03
Subject: *DHR* Procès Rwanda : le baiser de la mort d'une ancienne alliée
 
Elle fut l'animatrice vedette de la «radio de la haine» : la Radio Télévision Libre des Mille Collines, RTLM, dont les messages enflammés ont fortement contribué à inciter aux massacres pendant le génocide des Tutsis du Rwanda en 1994. Mardi, Valérie Bemeriki, 58 ans, est apparue en visio-conférence depuis Kigali, la capitale du Rwanda, face à la cour d'assises chargée à Paris de juger Pascal Simbikangwa.
Emprisonné en France depuis son arrestation à Mayotte en 2009, l'ex capitaine Pascal Simbikangwa, cloué sur une chaise roulante, nie non seulement toute participation au génocide mais également l'existence d'un clan criminel engagé dans une dérive raciste depuis le début des années 90 au Rwanda. S'il reconnaît désormais le génocide des Tutis, c'est pour aussitôt le minimiser face à un «génocide des Hutus» qui serait encore plus important.
Face à lui, à distance, cette femme qui fut l'égérie médiatique de ceux qui pensaient que seule l'élimination définitive de la minorité tutsie réglerait les problèmes du pays, est aujourd'hui détenue à la célèbre Prison «1930», au centre de la capitale rwandaise où elle purge une peine d'emprisonnement à perpétuité après avoir plaidé coupable en 2009. «J'ai réfléchi, j'ai ouvert les yeux. Je veux dire la vérité, pour la construction du pays et pour la réconciliation du Rwanda» expliquera l'ex journaliste à la Cour pour justifier ses accusations contre l'ancien officier rwandais. De fait, elle l'accable.
Même si son témoignage se résume à quelques scènes en pointillé dans l'immense puzzle que constitue le parcours de l'ancien chef des renseignements intérieurs rwandais pendant cette période tragique. Elle ne l'a longtemps connu que par «ce que disait de lui la réputation populaire». Et là-dessus personne ne l'interroge : tant d'autres témoins ont déjà décrit l'image sulfureuse et inquiétante qui colle au capitaine en chaise roulante surnommé «le tortionnaire». Mais elle affirme aussi l'avoir vu pendant les massacres.
 «Il venait tous les deux jours en moyenne à la radio», selon Valérie Bémériki. Une radio dont l'accusé fut l'un des actionnaires et qui, dès sa création neuf mois auparavant en juillet 1993, était «un instrument politique pour diffuser une idéologie», confirme celle qui n'a pas hésité elle-même à affirmer qu'il fallait «éliminer tous les Tutsis» et même que la Vierge Marie «soutenait ce combat».
Et puis il y eut cette rencontre. Le 17 avril ou les jours suivants, ce n'est pas très clair. D'après l'ancienne animatrice vedette de Radio Mille Collines, elle rentrait chez elle avec un groupe de collègues, lorsque sa voiture est arrêtée à l'un des nombreux barrages qui quadrillent alors la ville. Des miliciens sont là et sur le bas-côté une voiture où se serait trouvé Simbikangwa. Il aurait salué les journalistes de «radio machette» et les aurait félicités pour leur travail. Les journalistes seraient alors sortis le saluer et auraient vu des armes dans sa voiture ainsi que des cartons, dont l'un plein de munitions. Sur le barrage, les miliciens célébraient l'ex capitaine comme un héros, selon la journaliste.
Voilà c'est tout. C'est à la fois peu et beaucoup par rapport à ce qu'admet l'accusé. Ce n'est que le témoignage d'une détenue qui espère encore un allégement de sa peine, elle ne le cache pas. Elle multiplie d'ailleurs les témoignages, «reçoit beaucoup de monde» en prison, se rend parfois au Tribunal International pour le Rwanda (TPIR) à Arusha où elle a été confrontée à ses anciens patrons. Ses accusations sont-elles, du coup, téléguidées ? La défense de l'accusé essayera sans grand succès d'en accréditer l'idée. Face aux dénégations de l'accusé, elle s'esclaffe de sa petite voix roucoulante : «Ces gens-là, tout ce qu'ils disent c'est pour se protéger ! Jamais Pascal Simbikangwa ne vous dira qu'il a participé à la planification du génocide. Ce sont (des gens comme lui) qui ont ordonné au petit peuple de tuer leurs frères tutsis. Puis ils sont partis, ils nous ont laissés comme ça et c'est nous qui souffrons !» souligne celle qui fut arrêtée en juin 1999, pendant sa cavale dans les forêts de l'ex Zaïre (aujourd'hui République Démocratique du Congo, RDC).
Quand l'interrogatoire est terminé, elle semble presque déçue de ne pas prolonger l'entretien et lance soudain un inattendu : «Salutations à Simbikangwa !» Une sorte de baiser de la mort, venu d'un lointain passé, qui soudain ressurgit.







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