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Lettre a Madame Juliana Amato Lumumba

 

THE AFRICAN RIGHTS CAMPAIGN

London, United Kingdom

africanrightscampaign@gmail.com

For the Peoples of the African Great Lakes Region

 

 

Londres, le 10 avril 2025

À l’attention de :

Madame Juliana Amato Lumumba

Candidate au poste de Secrétaire générale

Organisation internationale de la Francophonie (OIF)

 

Objet : Analyse critique de votre programme en neuf projets — Lacunes identifiées et recommandations d’enrichissement

Référence : ARC/OIF/2026/005 (en référence à ARC/OIF/2026/004)

 

 

Madame la candidate,

 

Nous avons pris connaissance avec un intérêt sincère de votre programme de candidature au poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, articulé autour de neuf projets présentés sous la vision d’une « Francophonie des peuples, par les peuples et pour les peuples ». Cette ambition résonne profondément avec les valeurs et les engagements de The African Rights Campaign, et nous saluons la vision globale que vous portez.

Cependant, dans le cadre du dialogue stratégique que nous avons engagé avec vous à travers notre lettre de recommandations (référence : ARC/OIF/2026/004), nous avons conduit une analyse comparative rigoureuse de vos neuf projets au regard des dix-huit priorités que nous avions identifiées. Cet exercice révèle à la fois des convergences encourageantes et des lacunes significatives que nous nous permettons de vous soumettre, dans un esprit de construction et de soutien actif à votre candidature.

Nous vous présentons d’abord un diagnostic de ce que l’OIF fait et ne fait pas dans sa programmation actuelle 2024-2027, afin d’établir une base factuelle incontestable. Nous analysons ensuite vos neuf projets au regard de ce diagnostic, détaillons les priorités absentes, et vous soumettons nos recommandations d’enrichissement.

 

 

I. Diagnostic : ce que l’OIF fait et ne fait pas dans sa programmation 2024-2027

Avant d’analyser votre programme, il est indispensable d’établir un diagnostic précis et factuel de ce que l’OIF fait concrètement aujourd’hui. C’est sur cette base que se mesure la valeur ajoutée réelle d’une candidature de changement. Ce diagnostic est également l’arme la plus efficace pour contrer l’argument de continuité que la Secrétaire générale sortante ne manquera pas d’utiliser.

La programmation quadriennale 2024-2027 de l’OIF, adoptée lors de la 44e Conférence ministérielle de Yaoundé en novembre 2023, comprend vingt projets répartis en trois programmes stratégiques.

 

Ce que l’OIF fait déjà dans ses 20 projets actuels

Le programme stratégique 1 couvre la langue française, les cultures et l’éducation, avec des projets d’enseignement et d’apprentissage du français, de formation à distance des maîtres, d’intégration des langues nationales africaines dans les systèmes éducatifs, de soutien aux industries culturelles et d’organisation des Jeux de la Francophonie.

Le programme stratégique 2 couvre la démocratie, la gouvernance et la paix, avec des projets de soutien à l’état de droit, de médiation dans les crises politiques, d’enregistrement à l’état civil, et un projet de prévention et de lutte contre les désordres de l’information, doté d’une enveloppe de 270 000 euros et soutenant des initiatives de fact-checking dans onze pays membres.

Le programme stratégique 3 couvre le développement durable avec des projets d’autonomisation économique des femmes (Fonds « La Francophonie avec Elles »), de formation aux compétences numériques (D-CLIC), de promotion des échanges commerciaux (Missions économiques annuelles), d’accompagnement environnemental et climatique, et de soutien au tourisme durable.

En résumé, l’OIF travaille déjà sur : la langue et l’éducation, la culture, la démocratie et l’état de droit, la paix et la médiation, le genre (partiellement), le numérique (compétences), les échanges commerciaux (modestement), le climat (superficiellement) et la désinformation (marginalement).

 

Les dix lacunes absolues : ce que l’OIF ne fait pas du tout

Notre analyse de la programmation 2024-2027 identifie dix domaines totalement absents de l’action de l’OIF. Ce sont précisément ces domaines qui constituent le terrain d’une candidature de rupture et de transformation.

 

Domaine absent

Pourquoi l’OIF ne le fait pas

Opportunité pour votre candidature

1

Financement citoyen et autonomie financière

L’OIF finance ses projets exclusivement par les cotisations des États membres. Aucun mécanisme citoyen, participatif ou privé n’existe.

Proposer une loterie francophone internationale et un Fonds d’innovation privé pour créer une Francophonie véritablement financée par les peuples.

2

Réforme de la gouvernance interne

L’OIF ne se réforme jamais elle-même. Aucune limitation des mandats, aucune transparence électorale, aucun rééquilibrage africain des instances.

Proposer des réformes structurelles courageuses : limitation des mandats, parité, audit indépendant. Se soumettre soi-même à ces règles dès sa prise de fonctions.

3

Santé publique et solidarité sanitaire

Totalement absent des 20 projets. La pandémie COVID-19 a révélé ce vide : l’OIF n’a eu aucun rôle pendant la crise.

Créer un réseau francophone de santé publique et un mécanisme de solidarité sanitaire entre membres.

4

Intelligence artificielle en français

D-CLIC forme aux compétences numériques générales. Aucune stratégie IA, aucun corpus linguistique, aucun partenariat avec les grandes plateformes technologiques.

Lancer une stratégie IA en français : corpus, partenariats avec Google, Microsoft, Meta, et soutien aux startups IA africaines francophones.

5

Allègement de la dette des membres

Aucun plaidoyer collectif au G20 ni aux institutions de Bretton Woods. L’OIF ne prend aucune position sur la dette des pays membres les plus vulnérables.

Faire de l’OIF une voix collective pour l’allègement de la dette, comme le Commonwealth l’a fait dans son plan 2025-2030.

6

Dialogue post-colonial

Sujet institutionnellement tabou. La relation des peuples africains à la langue française comme héritage colonial n’est jamais abordée.

Ouvrir ce dialogue avec légitimité, en tant que candidate congolaise issue du pays le plus touché par la colonisation belge.

7

Réconciliation avec les pays sahéliens retraités

Aucun programme de réconciliation après le retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso en mars 2025. L’OIF reste silencieuse.

Proposer un processus de dialogue sans conditions préalables comme premier acte décisif du mandat.

8

Objectifs commerciaux chiffrés

Les Missions économiques existent (une par an) mais sans objectif global chiffré. Le Commonwealth vise 2 000 milliards de dollars d’échanges. L’OIF ne fixe aucun objectif comparable.

Fixer un objectif ambitieux et public d’augmentation des échanges intra-francophones avec un horizon temporel mesurable.

9

Protection des journalistes et défenseurs des droits

La lutte contre la désinformation existe (P11, 270 000 euros), mais aucun fonds de protection des journalistes ni des défenseurs des droits humains menés dans les pays membres.

Créer un Fonds francophone de protection des journalistes et des acteurs de la société civile menacés.

10

Institut de recherche linguistique et technologique

Aucune institution dédiée au développement scientifique et technologique de la langue française n’existe. La terminologie scientifique et la traduction vers le français ne sont pas financées.

Créer un Institut francophone international pour la langue, le numérique et la recherche, avec des centres régionaux en Afrique.

 

Ce tableau est un outil stratégique central pour votre campagne. Chaque lacune est une opportunité de vous distinguer de la Secrétaire générale sortante. Chaque colonne orange correspond à une faille que votre programme peut combler. Chaque colonne verte décrit un engagement que Madame Mushikiwabo ne peut pas revendiquer, car il ne figure dans aucun des vingt projets de l’OIF actuelle.

 

 

II. Une critique historique fondamentale : l’OIF trop culturelle, pas assez économique ni sociale

Avant d’analyser votre programme, il est indispensable d’aborder une critique récurrente et bien documentée qui pèse sur la Francophonie institutionnelle depuis des décennies et qui conditionne directement les attentes de millions de francophones à l’égard du prochain Secrétaire général. Cette critique peut se résumer ainsi : l’OIF s’est historiquement enfermée dans une vocation essentiellement culturelle et linguistique, au détriment des dimensions économiques, de bien-être et de développement humain qui représentent les préoccupations réelles des peuples francophones.

 

L’origine du biais culturel : une institution née langue et culture

L’OIF a été fondée en 1970 sous le nom d’Agence de coopération culturelle et technique. Le mot « culturelle » n’est pas accidentel : il reflète la vision fondatrice de Léopold Sédar Senghor, qui voulait faire du français « le grec des temps modernes », c’est-à-dire un vecteur de civilisation et d’identité commune. Cette ambition était noble et nécessaire à l’époque. Mais cinquante ans plus tard, dans une Afrique où plus de la moitié des populations vivent sous le seuil de pauvreté, où le chômage des jeunes dépasse souvent 30 %, et où les systèmes de santé sont chroniquement sous-financés, la question n’est plus : « comment parle-t-on le français ? » Mais bien : « qu’est-ce que la Francophonie fait concrètement pour améliorer ma vie ? ». En répondant a cette question, vous répondez aux attentes de la Francophonie des peuples.

 

Les critiques historiques documentées

Cette critique n’est pas nouvelle ni marginale. Elle est formulée depuis des années par des chercheurs, des économistes, des responsables politiques africains et des observateurs de la société civile :

          La Fondation Jean-Jaurès a explicitement appelé à une « francophonie de l’action économique », avec un concept d’« économie arc-en-ciel » couvrant la transformation structurelle, la création d’emplois, l’entrepreneuriat et l’innovation, et déplorant que l’OIF reste trop centrée sur ses missions culturelles au détriment de son potentiel économique.

          Le Sénat français, dans un rapport dédié à l’action culturelle extérieure, a directement écrit que « la francophonie ne doit pas être cantonnée à un rôle de bailleur de fonds » culturels, insistant sur la nécessité d’un engagement économique réel.

          Des analystes académiques spécialisés dans les politiques linguistiques ont souligné que le maintien des cultures et de leur diversité n’est possible que si « ces cultures sont portées par des sociétés fortes et développées », et que dans beaucoup de pays en développement, « les dossiers d’investissement prioritaires touchent rarement la mise en valeur des projets culturels ».

          Des représentants de sociétés civiles africaines ont régulièrement interrogé l’utilité pratique de l’OIF pour les populations, estimant que la Francophonie reste une institution d’élites culturelles et diplomatiques plutôt qu’une organisation de développement humain.

          La Francophonie elle-même a reconnu cette tension lors du Sommet de Ouagadougou en 2004, en adoptant une stratégie économique pour la Francophonie dont les deux axes principaux sont l’atteinte des Objectifs de développement durable et la construction d’un « espace d’échange et de prospérité partagée ». Mais ces ambitions sont restées largement théoriques.

 

Le paradoxe central : une organisation riche en culture, pauvre en impact

Le paradoxe de l’OIF peut s’énoncer ainsi : l’organisation qui représente le plus grand espace linguistique en croissance démographique au monde — plus de trois cents millions de locuteurs aujourd’hui, près de sept cent millions d’ici 2050 — est celle qui a l’impact le plus faible sur le bien-être matériel, économique et sanitaire de ces populations. Un budget annuel de moins de 70 millions d’euros pour l’ensemble de ses missions, essentiellement consacré à des programmes culturels, linguistiques et diplomatiques, ne peut pas transformer les conditions de vie de centaines de millions de personnes. Ce décalage entre la taille de l’espace francophone et la modestie de l’impact humain de l’OIF est précisément ce qui alimente le sentiment d’inutilité de l’organisation.

 

Ce que votre programme doit affirmer : culture et développement, les deux ensemble

La réponse à cette critique ne consiste pas à abandonner la culture. La langue française, les arts, les littératures et la diversité culturelle francophone sont des atouts irremplaçables et constituent la raison d’être de l’organisation. Mais ils ne suffisent plus. La Francophonie du XXI siècle doit être à la fois gardienne de sa richesse culturelle et moteur de développement humain, de bien-être et de prospérité partagée.

Votre vision d’une « Francophonie des peuples » ne peut se réaliser qu’à cette double condition. Une Francophonie qui ne parle que de langue et de culture sans s’attaquer au chômage, à la pauvreté, à la santé et aux inégalités économiques sera toujours perçue comme éloignée des réalités. Votre programme doit donc explicitement marquer cette rupture en inscrivant les dimensions économiques, sociales et de bien-être humain au même rang que la dimension culturelle, voire en les élevant au premier plan. C’est précisément ce que nos propositions de financement citoyen, de commerce intra-francophone ambitieux, de santé publique et d’allègement de la dette visent à accomplir.

Le tableau ci-dessous propose un cadre de rééquilibrage entre les trois piliers que doit désormais incarner une Francophonie renouvelée :

 

Pilier 1 — Culture et langue

Pilier 2 — Économie et commerce

Pilier 3 — Bien-être et développement humain

Pilier 4 — Politique : paix, droits humains et démocratie

Promotion du français dans les sciences et la technologie

Objectif chiffré d’échanges commerciaux intra-francophones

Réseau francophone de santé publique

Résolution des conflits et diplomatie préventive

Littératures, arts et industries culturelles africaines

Fonds d’innovation et loterie francophone citoyenne

Allègement de la dette des pays vulnérables

Réconciliation avec les pays sahéliens retraités

Institut de recherche linguistique et numérique

Incubateurs d’entreprises et soutien aux PME

Programmes d’emploi pour la jeunesse francophone

Protection des journalistes et défenseurs des droits

Dialogue post-colonial et souveraineté culturelle

Partenariats avec le secteur privé francophone

Égalité de genre et autonomisation des femmes

Mécanisme d’évaluation démocratique indépendant

Diversité culturelle et littératie médiatique

Mobilité professionnelle et reconnaissance des diplômes

Santé maternelle, infantile et sécurité alimentaire

Lutte contre la désinformation et état de droit

 

Ce cadre à quatre piliers égaux constitue la rupture stratégique que votre candidature doit incarner. Il ne s’agit pas de diminuer la culture : il s’agit de la placer aux côtés — et non au-dessus — du développement économique, du bien-être humain et de la paix politique. Une Francophonie qui nourrit, qui soigne, qui emploie, qui protège ses citoyens et qui garantit leurs droits sera aussi la Francophonie qui chante, qui crée et qui rayonne. L’une ne va pas sans l’autre.

 

 

III. Ce que votre programme fait bien : les convergences avec nos recommandations

Il convient de reconnaître d’emblée que plusieurs de vos neuf projets recoupent des priorités que nous avions identifiées dans notre lettre de recommandations :

          Votre projet 2 (Francophonie numérique) rejoint notre priorité VI sur le développement numérique et l’intelligence artificielle en français.

          Votre projet 3 (coopération économique) correspond partiellement à notre priorité XV sur le commerce intra-francophone.

          Votre projet 4 (éducation et recherche) recoupe notre priorité VIII sur l’Institut francophone de recherche et de développement.

          Votre projet 6 (démocratie et droits humains) correspond à notre priorité XII sur les droits humains et l’état de droit.

          Votre projet 7 (paix et sécurité) rejoint notre priorité XI sur la paix, la sécurité et la crise sahélienne.

          Votre projet 8 (développement durable) correspond partiellement à notre priorité X sur le changement climatique.

Ces convergences sont réelles et encourageantes. Elles témoignent d’une lecture lucide de plusieurs défis que l’OIF doit relever. Cependant, notre analyse révèle que ces projets demeurent à un niveau de généralités qui les privent d’une force de conviction et d’un caractère opérationnel suffisants. Et des pans entiers de notre analyse sont, eux, totalement absents.

 

 

IV. Analyse projet par projet : lacunes et recommandations

Le tableau ci-après présente, pour chacun de vos neuf projets, les lacunes identifiées au regard de nos recommandations et les ajouts que nous vous proposons.

 

Projet de Mme Lumumba

Lacunes identifiées

Ajouts recommandés (ARC)

1

Rencontres interculturelles francophones  Bâtir un dialogue vivant entre les peuples.

Très symbolique, mais sans mécanisme concret. Aucun budget proposé, aucun objectif mesurable, aucune mention de la question post-coloniale qui conditionne la crédibilité de tout dialogue interculturel dans l’espace francophone africain.

Intégrer un volet explicite sur le dialogue post-colonial (priorité XVI). Spécifier les formats concrets : festivals francophones, résidences d’artistes, échanges scolaires et restitution du patrimoine culturel africain.

2

Intégration de la Francophonie numérique  Développer les compétences numériques.

Trop général. Aucune mention de l’intelligence artificielle en français, des corpus linguistiques, de la connectivité en Afrique francophone, ni des partenariats avec les grandes plateformes technologiques.

Compléter avec la stratégie IA en français, le développement des corpus linguistiques, l’accès à internet dans les zones rurales africaines et les partenariats avec Meta, Google et Microsoft (priorité VI).

3

Renforcement de la coopération économique  Promouvoir des échanges économiques plus justes.

Formulation vague. Aucun objectif chiffré comparable à celui du Commonwealth (2 000 milliards de dollars). Aucune mention des obstacles non tarifaires, de la dette, ni d’un fonds d’investissement spécifique.

Fixer un objectif chiffré public d’échanges intra-francophones. Ajouter un Programme d’investissement dans les infrastructures et un mécanisme de soutien aux PME africaines francophones (priorités XV et XVII).

4

Promotion de l’éducation et de la recherche  Renforcer l’accès à une éducation de qualité.

Trop général. Aucune mention de l’éducation des filles, de la coopération universitaire Sud-Sud, de la traduction scientifique, ni d’un Institut dédié. Rien sur la qualité de l’enseignement en français dans les pays africains.

Préciser par la création d’un Institut francophone de recherche (priorité VIII), un programme d’éducation des filles (priorité IX), la coopération universitaire africaine Sud-Sud (priorité VII) et la traduction scientifique vers le français.

5

Soutien à la culture et aux arts  Encourager la création et la diffusion culturelle.

Projet positif mais incomplet. Aucune mention du dialogue post-colonial, de la souveraineté culturelle africaine, de la restitution du patrimoine, ni du financement des littératures africaines francophones comme vecteurs d’identité autonome.

Ajouter la doctrine de pluralité francophone, le soutien aux littératures africaines, la restitution du patrimoine culturel et un fonds dédié aux industries culturelles africaines (priorité XVI).

6

Renforcement de la démocratie et des droits humains  Consolider l’état de droit.

Formulation générale sans mécanisme concret. Aucune mention de la littératie médiatique, de la lutte contre la désinformation, de la protection des journalistes ni de critères transparents pour l’application des sanctions.

Intégrer un mécanisme d’évaluation démocratique indépendant (priorité XII), un fonds de protection des journalistes, et relier ce projet à la lutte contre la désinformation (priorité XIII).

7

Promotion de la paix et de la sécurité  Favoriser la stabilité dans l’espace francophone.

Silence total sur la crise sahélienne et le retrait du Mali, Niger et Burkina Faso en mars 2025. Aucun mécanisme de médiation concret ni de partenariat proposé avec l’UA ou la CEDEAO.

Nommer explicitement la crise sahélienne et proposer un processus de réconciliation. Créer une unité de diplomatie préventive en partenariat avec l’Union africaine et la CEDEAO (priorité XI).

8

Développement durable  Promouvoir des pratiques respectueuses de l’environnement.

Trop vague. Aucun fonds climatique, aucune mention des pays les plus vulnérables, aucune stratégie d’accès aux financements climatiques internationaux. Aucun lien avec les enjeux de sécurité alimentaire et de migrations climatiques.

Proposer un Fonds francophone pour la résilience climatique, une voix francophone unifiée aux COP et un programme d’adaptation pour les pays les plus vulnérables (priorité X).

9

Créer l’hymne de la Francophonie  Un projet symbolique pour renforcer l’unité.

Projet symbolique et accessoire. Bien que l’intention soit louable, il ne constitue pas une priorité stratégique à ce stade. Son inclusion parmi les neuf projets phares affaiblit la crédibilité d’ensemble du programme face aux défis urgents.

Reléguer ce projet au rang d’initiative culturelle secondaire et le remplacer par une priorité stratégique majeure : la réforme de la gouvernance de l’OIF (priorité II) ou la loterie francophone (priorité XVIII).

 

 

V. Les priorités entièrement absentes de votre programme

Au-delà des lacunes dans les projets existants, notre analyse identifie sept priorités majeures qui sont entièrement absentes de votre programme actuel. Leur absence affaiblit considérablement la portée stratégique de votre candidature.

 

1. Le financement autonome et la loterie francophone — la grande nouveauté absolue (nos priorités IV et XVIII)

C’est la priorité numéro un, et c’est la plus inédite. Votre programme ne propose aucun mécanisme innovant de financement, alors que c’est précisément ce qui distinguerait une véritable « Francophonie des peuples » d’une simple continuation de la Francophonie des gouvernements. L’OIF dépend à plus de 85 % des cotisations des États membres. Ces cotisations financent une institution diplomatique ; elles ne permettront jamais de financer des milliers de projets communautaires au bénéfice de trois cents millions de francophones. Aucun de vos prédécesseurs ni la Secrétaire générale sortante n’a jamais proposé un tel mécanisme. C’est l’argument irréfutable face à quiconque dirait que votre programme n’apporte rien de nouveau.

          Créer un Fonds francophone pour l’innovation et l’entrepreneuriat, alimenté par des contributions privées et publiques

          Lancer une loterie internationale francophone en ligne pour le financement direct de projets communautaires, sur le modèle de la National Lottery britannique

          Développer des partenariats stratégiques avec le secteur privé francophone mondial pour réduire la dépendance aux seules contributions étatiques

 

2. La réforme de la gouvernance de l’OIF (notre priorité II)

C’est la deuxième lacune la plus grave. La gouvernance de l’OIF — son opacité, sa concentration du pouvoir, l’absence de limitation des mandats, la sous-représentation des pays africains — est au cœur de la crise de crédibilité de l’institution. Votre programme ne propose aucune réforme institutionnelle. C’est pourtant ce que les États membres et les sociétés civiles attendent en priorité d’une nouvelle Secrétaire générale issue d’Afrique.

          Proposer un processus électoral ouvert et compétitif avec programmes publics des candidats

          Instituer une limitation formelle des mandats

          Garantir la représentation régionale africaine dans les instances décisionnelles

          Publier des audits financiers annuels indépendants

 

3. L’égalité de genre et l’autonomisation des femmes (notre priorité IX)

L’égalité de genre est complètement absente de vos neuf projets. Il s’agit pourtant du premier pilier transversal du Commonwealth et d’une condition fondamentale du développement humain dans l’espace francophone africain. L’absence de cette priorité dans un programme porté par une femme candidate à la tête d’une organisation qui représente majoritairement des pays où les inégalités de genre sont parmi les plus marquées au monde est, pour le moins, surprenante.

          Élever l’égalité de genre au rang de pilier transversal de toute la programmation

          Tripler les ressources du Fonds « La Francophonie avec Elles »

          Lancer une stratégie pour l’éducation des filles dans les pays membres les plus défavorisés

          Soutenir les femmes victimes de violences dans les zones de conflit francophones

 

4. La lutte contre la désinformation (notre priorité XIII)

Les campagnes de désinformation en langue française représentent une menace directe pour la démocratie, la paix et la cohésion sociale dans l’espace francophone africain. Votre programme n’en fait aucune mention. Or la Francophonie dispose d’un avantage unique : agir sur un espace linguistique défini pour y promouvoir l’information fiable et la littératie médiatique.

          Créer un Observatoire francophone de la désinformation

          Lancer un programme massif de formation au fact-checking et à la littératie numérique en français

          Négocier des accords avec Meta, TikTok, X et YouTube pour la modération des contenus en français

 

5. La santé publique et la solidarité sanitaire (notre priorité XIV)

La santé publique est totalement absente de votre programme. Les pays francophones africains affichent certains des indicateurs sanitaires les plus préoccupants au monde. La pandémie de COVID-19 a démontré que l’OIF n’avait aucun mécanisme de réponse collective. Cette lacune est inacceptable pour une organisation qui aspire à être utile aux peuples.

          Créer un Réseau francophone de santé publique

          Établir un mécanisme de solidarité sanitaire pour les crises épidémiques

          Lancer un programme de formation et de rétention des personnels médicaux

 

6. L’allègement de la dette des pays francophones vulnérables (notre priorité XVII)

Le fardeau de la dette extérieure prive plusieurs pays francophones africains des ressources nécessaires à l’éducation, la santé et le développement. Votre programme de coopération économique ne traite pas cette question pourtant centrale. Le Commonwealth a intégré explicitement le lien entre dette et développement dans son plan stratégique 2025-2030.

          Porter collectivement un plaidoyer pour l’allègement de la dette au G20 et dans les institutions de Bretton Woods

          Créer un mécanisme francophone d’accès aux financements concessionnels

 

7. La coopération Sud-Sud entre pays francophones africains (notre priorité VII)

Votre programme ne mentionne pas explicitement la coopération universitaire, scientifique et économique entre pays africains francophones. La Francophonie de demain est africaine. L’OIF doit activement reconstruire les échanges Sud-Sud plutôt que de les laisser toujours orientés vers le Nord.

          Financer des partenariats universitaires entre institutions africaines francophones

          Créer un réseau scientifique africain francophone indépendant

          Faciliter la mobilité professionnelle inter-africaine par la simplification des visas

 

 

VI. Faiblesses transversales de l’ensemble du programme

Au-delà des lacunes thématiques, notre analyse identifie trois faiblesses structurelles qui traversent l’ensemble des neuf projets et qui, si elles ne sont pas corrigées, risquent d’affaiblir la crédibilité globale de votre candidature.

 

Absence totale d’objectifs chiffrés et mesurables

Aucun de vos neuf projets ne propose d’objectif quantifié, de calendrier, d’indicateur de performance ni de mécanisme de redevabilité. Un programme de candidature sans objectifs chiffrés est un programme sans possibilité d’évaluation. C’est également un programme sans engagement contraignant vis-à-vis des États membres. Le Commonwealth, l’Union africaine et l’UNESCO publient tous des objectifs mesurables et des rapports de suivi. L’OIF doit faire de même.

 

Absence de mécanismes de financement concrets

Aucun projet ne précise les ressources financières nécessaires à sa mise en œuvre ni les sources de financement envisagées. Or la contrainte financière est l’un des obstacles majeurs à l’efficacité de l’OIF. Un programme cohérent doit proposer des mécanismes innovants d’autonomie financière, et pas seulement des objectifs sans ressources.

 

Absence de référence à la crise institutionnelle actuelle

Votre programme ne mentionne pas le retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso en mars 2025, ni la crise de légitimité que cette rupture représente pour l’institution. Ignorer cette réalité affaiblit considérablement la crédibilité d’un programme qui aspire à représenter l’ensemble des peuples francophones. La réconciliation avec les pays sahéliens devrait figurer parmi vos toutes premières priorités.

 

 

VII. Recommandations concrètes pour l’enrichissement de votre programme

Sur la base de cette analyse, nous vous soumettons les recommandations suivantes pour renforcer, approfondir et compléter votre programme de candidature avant sa présentation officielle :

 

Recommandation 1 — Remplacer le projet 9 (hymne) par la réforme de la gouvernance

Un hymne francophone est une initiative symbolique qui peut s’insérer dans votre projet culturel existant. En revanche, la réforme de la gouvernance est la condition préalable à toute transformation crédible de l’OIF. Nous vous recommandons de remplacer ce projet par une proposition détaillée de réforme institutionnelle.

 

Recommandation 2 — Ajouter un autre projet: Égalité de genre et autonomisation des femmes

L’égalité de genre mérite d’être un projet à part entière, transversal à tous les autres. Votre identité de première femme africaine candidate à ce poste vous donne une légitimité unique pour en faire le symbole de votre candidature.

 

Recommandation 3 — Décliner chaque projet avec trois éléments : problème, solution, objectif mesurable

Chaque projet devrait présenter le diagnostic du problème, la solution proposée et un ou deux objectifs chiffrés à atteindre durant le mandat. C’est ce standard de rigueur qui distingue un programme stratégique crédible d’une déclaration d’intentions.

 

Recommandation 4 — Nommer explicitement la crise sahélienne dans votre projet de paix

Le retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso en 2025 est le défi institutionnel le plus urgent auquel le prochain Secrétaire général devra faire face. Proposer un processus de réconciliation clair et concret vous différenciera de toute autre candidature.

 

Recommandation 5 — Intégrer un mécanisme innovant de financement comme 10e projet. 

Proposer la loterie francophone internationale ou un autre mécanisme de financement participatif démontrera que vous avez réfléchi à la question de l’autonomie financière de l’OIF, condition de son indépendance politique.

 

 

VIII. Répondre à l’argument « l’OIF fait déjà tout cela » : ce que votre candidature doit apporter de réellement nouveau

Madame la candidate, nous devons vous alerter sur une objection que vous ne manquerez pas de rencontrer au cours de votre campagne, et qu’il vous faudra être prête à contrer avec force et précision. La Secrétaire générale sortante, Madame Louise Mushikiwabo, ou ses soutiens, diront vraisemblablement que l’OIF travaille déjà sur l’ensemble de ces priorités — la démocratie, la jeunesse, le numérique, la culture, le développement durable — et que votre programme n’apporte rien de fondamentalement nouveau. Cet argument de la continuité institutionnelle est le bouclier classique des sortants face aux candidats réformateurs.

Pour contrer cet argument, votre programme doit clairement identifier ce qu’il apporte de véritablement inédit, ce que la Francophonie n’a jamais fait et que vous vous engagez à faire. Ces nouveautés doivent être suffisamment audacieuses et spécifiques pour qu’il soit impossible de les prétendre déjà en cours.

 

La grande nouveauté absolue : le financement citoyen autonome (notre priorité XVIII)

Parmi toutes les propositions que nous vous avons soumises, le système international de loterie francophone en ligne est de loin la plus novatrice et la plus impossible à revendiquer par la Secrétaire générale sortante. L’OIF n’a jamais mis en place de mécanisme de financement direct par les citoyens. Elle n’a jamais proposé aux millions de francophones ordinaires de contribuer eux-mêmes au financement de projets communautaires dans leur propre espace linguistique. C’est précisément ce vide que cette proposition comble.

La logique est imparable : vous ne pouvez pas faire de la Francophonie une « Francophonie des peuples » sans que les peuples eux-mêmes puissent y contribuer financièrement et bénéficier de ses retombées concrètes. Les cotisations des États membres ne suffisent pas et ne suffiront jamais à financer une Francophonie réellement proche des citoyens. Elles représentent le budget d’une institution diplomatique ; elles ne permettent pas de financer des milliers de projets communautaires à l’échelle d’un espace qui regroupe plus de trois cents millions de personnes. Seul un financement populaire, participatif et direct peut combler ce fossé entre l’institution et les peuples.

C’est la différence fondamentale entre une Francophonie des gouvernements — celle que Madame Mushikiwabo a gérée — et une Francophonie des peuples — celle que vous promettez. Sans mécanisme de financement citoyen, votre slogan reste une aspiration. Avec lui, il devient un projet.

 

Les autres nouveautés que l’OIF sortante ne peut pas revendiquer

D’autres propositions de notre lettre constituent également de véritables ruptures avec la pratique actuelle de l’OIF, auxquelles Madame Mushikiwabo ne pourra pas opposer l’argument de la continuité :

          La réforme structurelle de la gouvernance avec limitation formelle des mandats : l’OIF n’a jamais adopté une telle réforme. Vous proposez de vous y soumettre vous-même, ce qui est un acte de courage politique rare.

          Le dialogue de réconciliation sans conditions préalables avec les pays sahéliens retraités : la gestion de Madame Mushikiwabo a échoué à empêcher ces retraits. Vous proposez de réparer ce qui a été brisé.

          L’Institut francophone international pour la langue, le numérique et la recherche : aucune institution de ce type n’existe. C’est une création ex nihilo, pas une amélioration de l’existant.

          Le dialogue post-colonial structuré sur la relation des peuples africains à la langue française : c’est un sujet que l’OIF a toujours évité. Votre origine congolaise vous donne la légitimité unique de l’ouvrir.

          L’objectif chiffré public d’augmentation des échanges commerciaux intra-francophones : l’OIF n’a jamais fixé d’objectif économique mesurable de ce type. C’est une première.

 

Notre invitation : plus de détails, plus d’engagement, plus de courage

Tout en espérant vivement que votre programme sera développé avec beaucoup plus de détails opérationnels dans les prochaines semaines — calendrier, ressources, mécanismes, objectifs chiffrés — nous avons le plaisir de vous faire part de l’intégralité de nos propositions, que vous trouverez dans notre lettre référencée ARC/OIF/2025/003. Elles sont à votre disposition, librement, sans condition et dans le seul intérêt des peuples francophones. Nous serions honorés que vous les utilisiez, les adaptiez ou les dépassiez. L’essentiel est que la Francophonie soit, enfin, à la hauteur des attentes de ses peuples.

 

 

Conclusion : un programme prometteur qui mérite d’être à la hauteur de votre vision

Madame Lumumba, votre programme en neuf projets pose des bases solides et témoigne d’une vision globale que nous soutenons. Mais la Francophonie traverse une crise de pertinence, de gouvernance et de confiance qui exige un programme plus ambitieux, plus précis et plus courageux. Le monde francophone — et en particulier l’Afrique francophone — attend un leadership qui nomme les problèmes clairement, propose des solutions concrètes et s’engage sur des objectifs mesurables.

La combinaison de votre vision « Francophonie des peuples » et des dix-huit priorités que nous vous avons soumises dans notre lettre ARC/OIF/2025/003 pourrait constituer le programme le plus complet, le plus crédible et le plus transformateur jamais présenté à la tête de l’OIF. La nouveauté absolue du financement citoyen à travers la loterie francophone, la réforme courageuse de la gouvernance, et le dialogue post-colonial enfin ouvert sont autant de marqueurs qui vous permettront de répondre à quiconque dirait que votre programme n’apporte rien de neuf.

Nous vous encourageons vivement à saisir cette opportunité historique et demeurons à votre entière disposition pour approfondir ces recommandations et contribuer à l’enrichissement de votre programme.

 

Veuillez agréer, Madame la candidate, l’expression de notre haute considération et de notre soutien actif.

 


Président

THE AFRICAN RIGHTS CAMPAIGN

Londres, Royaume-Uni

africanrightscampaign@gmail.com

For the Peoples of the African Great Lakes Region

 

 

Références

 

Commonwealth Secretariat (2025) Strategic Plan 2025–2030: Building a More Resilient Commonwealth. Londres : Commonwealth Secretariat. Disponible sur : https://thecommonwealth.org/strategic-plan-2025 (consulté le 1 avril 2025).

Diploweb (2025) Carte commentée : L’Organisation internationale de la Francophonie en 2025. Paris : Diploweb.com. Disponible sur : https://www.diploweb.com (consulté le 2 avril 2025).

Lumumba, J. A. (2026) Programme de candidature au poste de Secrétaire générale de l’OIF : neuf projets pour une Francophonie des peuples. Kinshasa : diffusé sur réseaux sociaux et presse, janvier 2026.

Organisation internationale de la Francophonie (2024) Programmation 2024-2027. Paris : OIF. Disponible sur : https://www.francophonie.org (consulté le 30 mars 2025).

The African Rights Campaign (2025) Lettre stratégique adressée à Madame Juliana Amato Lumumba, candidate au poste de Secrétaire générale de l’OIF — référence ARC/OIF/2025/003. Londres : ARC.

UNESCO (2022) L’éducation dans les pays francophones : état des lieux et recommandations. Paris : UNESCO.

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